Le Stade Toulousain est-il toujours un grand club ?

,Alors qu’on parle de doublé pour Clermont-Ferrand ou Toulon, deux saisons que l’on n’entend plus parler du Stade Toulousain. Le plus grand palmarès français, (quatre Heineken Cup et dix-neuf championnats de France) serait-il en passe de devenir un club lambda ?

Pour voir le nom du stade toulousain en H-Cup, il faut remonter à 2010. Un gouffre pour un tel club. (Crédit photo : AFP/archives Lionel Bonaventure)

Pour voir le nom du stade toulousain en H-Cup, il faut remonter à 2010. Un gouffre pour un tel club. (Crédit photo : AFP/archives Lionel Bonaventure)

La concurrence va à vitesse grand V

 Aujourd’hui, si l’on veut comparer Toulouse à un autre club de niveau équivalent, on peut le faire avec Montpellier, Castres, voire le Racing-Métro 92. Mais des clubs comme Toulon et Clermont Ferrand semblent actuellement bien supérieurs. En témoignent les résultats des trois équipes sur les deux dernières saisons. En 2012/2013, l’ASMCA a fait une finale de H-Cup, la Coupe d’Europe, et une demi-finale de Top14. Le Rugby Club toulonnais a échoué en finale de championnat de France mais a surtout rajouté une ligne à son palmarès en remportant la H-Cup. De son côté, le Stade est lamentablement sorti en poule de coupe d’Europe et s’est fait éliminer en demi-finale de Top 14 par… Toulon.

Cette saison cela pourrait être bis repetita, puisque les Hauts-Garonnais se sont fait éliminer en quart de finale de la Heineken Cup (défaite 47-23 contre le Munster), alors que Toulon et Clermont-Ferrand se sont de nouveau qualifiés en demi-finale et pourraient encore se rencontrer en finale. La tendance est la même en Top14, où à trois journées de la fin de la phase régulière, le RCT et l’ASMCA sont sur le podium alors que le Stade Toulousain n’est que…sixième (à égalité avec Bordeaux-Bègles et le Stade Français) et donc tout juste qualifiable pour les phases finales.

 Toujours là dans les grands rendez-vous

Pour autant, quand le match contre le grand stade toulousain se profile, aucune équipe ne le prend à la légère, puisque dans les grands événements les Toulousains répondent toujours présents. En témoigne le magnifique affrontement qui a eu lieu au Vélodrome le 29 mars dernier où les Toulousains ont échoué à seulement quatre points des Toulonnais (32-28), en livrant une magnifique performance. De plus, l’effectif toulousain n’a pas grand-chose à envier aux autres équipes de Top14. Car si le RCT et l’ASMCA peuvent se vanter d’avoir des joueurs de très haut niveau (Habana, Wilkinson, Fofana ou Parra), tous les joueurs de Guy Novès sont internationaux (Clerc, Dusautoir ou Mac Allister) ou au moins en passe de l’être (comme Camara, Gallan ou même Ramos).

Hayman, Mitchell et Smith contre David, Tolofua et Huget, la comparaison tourne à l’avantage des Toulousains. Pourtant les trois joueurs toulonnais sont des pointures à leur poste (crédit photo : Magali Ruffato)

Hayman, Mitchell et Smith contre David, Tolofua et Huget, la comparaison tourne à l’avantage des Toulousains. Pourtant les trois joueurs toulonnais sont des pointures à leur poste (crédit photo : Magali Ruffato)

En définitive, même si le Stade Toulousain semble, ces dernières années, être un peu en retrait vis-à-vis des ogres que deviennent Toulon et Clermont, personne ne doute que Toulouse reviendra au premier plan d’ici peu de temps. Car comme on dit « les grands clubs ne meurent jamais ».

Pierrick Ilic-Ruffinatti