L’infirmière et le patient, une relation de confiance #1

Entre le soignant et le soigné, le contact n’est pas toujours simple. C’est donc aux infirmières de créer un climat de confiance afin de pouvoir faire leur travail convenablement.

« Rassurer le patient est essentiel » (crédit DR)

« Rassurer le patient est essentiel » (crédit DR)

Christine est actuellement infirmière en salle de réveil à l’hôpital de Rangueil, à Toulouse. Elle est chargée de l’accueil des patients qui sortent de salle d’opération. Pendant un laps de temps, elle doit les surveiller, s’assurer qu’ils sont en sécurité, avant qu’ils ne retournent dans leur service. Sa première tâche consiste à rassurer le patient. Il sort d’une opération souvent importante, se réveille après avoir été anesthésié. Il est donc complètement désorienté, parfois inquiet et a besoin d’être apaisé. Le témoignage de Christine :

Marie, qui achève sa troisième année en école d’infirmière, a également ses propres méthodes lorsqu’elle est en stage. Afin de rendre le quotidien de ses patients un peu plus léger, elle a souvent recours à la bonne humeur : « j’essaie de toujours rentrer dans une chambre en disant bonjour avec le sourire. J’utilise aussi beaucoup l’humour au second degré. Ça me paraît important de prendre du temps pour écouter les gens, parce qu’ils sont isolés donc ils ont besoin de parler ». Avoir de bonnes relations avec ses patients est essentiel pour elle, car en plus de tout l’apport humain, cela lui permet de mieux les cerner, et donc de mieux répondre à leurs besoins.

« Quand j’ai des pauses, j’aime bien toquer à la chambre d’un patient et aller parler avec lui »

Le respect du patient

Une fois que le patient se sent en confiance, il est nécessaire de respecter son intimité. Cela peut tout simplement se faire en « prenant soin de fermer la porte derrière soi », comme l’explique Marie. En salle de réveil, l’intimité peut prendre plusieurs formes…

La charte  des droits des patients stipule que « la personne est traitée avec égards. Ses croyances sont respectées […] ». Pour l’infirmière, cela signifie par exemple appeler un prêtre lorsqu’un résident de maison de retraite le demande. Marie ajoute : « quand une personne est hospitalisée, il faut lui demander si elle a un régime alimentaire. Si elle ne mange pas de porc par exemple, c’est à nous de le transmettre aux cuisines. Il faut aussi lui demander si elle accepte une transfusion, car ça peut aller à l’encontre de ses croyances ». Dans un tout autre domaine, Christine peut elle aussi être confrontée à ce genre de situations…

Il n’est pas toujours évident d’aider psychologiquement les patients. C’est pour cela qu’aujourd’hui, les étudiants reçoivent des cours de psychologie. Ils étudient des cas concrets avec leurs professeurs. Marie souligne qu’il n’est pourtant pas possible d’anticiper toutes les situations auxquelles ils seront confrontés une fois en stage. C’est pour cette raison qu’à leur retour à l’école, ils font ce que l’on appelle des « analyses de pratique » : « on est un groupe d’étudiants avec deux formateurs et on rapporte des situations vécues en stage qui nous ont posé problème. On échange et les formateurs nous apportent des réponses ». Mais sur le terrain, « il faut en parler avec notre équipe », précise la jeune étudiante. La formation continue a aussi son importance, comme l’explique Christine.

Réintroduire de l’humain dans le secteur médical demande en effet la volonté et la capacité d’apprendre tout au long de sa vie.

Manon Bazerque

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