Les principaux acteurs de l’activité portuaire

Sa renommée internationale, le port de Marseille-Fos la doit principalement à la diversité de ses métiers. L’un des plus mythiques est sûrement celui des dockers. Pourtant, le transitaire est tout aussi important pour organiser les échanges.

Bernard est un ancien docker. Son travail consistait à charger et à décharger des navires arrivant dans le port. C’est avec fierté qu’il explique que Marseille a longtemps été le premier port européen. Après trente-six ans dans les docks, il semble totalement démuni face à l’évolution de son métier : «on était plus de 5000, maintenant ça doit faire travailler 300 bonshommes. Ils sont 120 à la réparation navale, alors qu’à l’époque il y avait dix ou quinze mille ouvriers». Il ajoute que rien que pour la manutention, le port employait entre trente et quarante mille hommes. Pour décharger 5000 tonnes, trois équipes étaient requises durant une semaine. Actuellement, une équipe décharge environ 1000 tonnes par jour.

«C’est pas le port qu’on a connu »

Il y a un certain nombre de raisons qui expliquent ces changements. Selon Bernard, la transformation d’une partie du site en port touristique n’y est pas pour rien. Certes, l’activité du port de Marseille est diversifiée, mais elle ne permet pas d’accueillir tous les bateaux. Il y en a beaucoup qui ne peuvent pas rentrer à cause de leur tirant d’eau (hauteur de la partie immergée du navire, ndlr), leur volume ou leur hauteur. Les portiques ne sont pas adaptés, or à présent, les navires sont de plus en plus imposants. C’est donc au port de Fos de les accueillir.

Le docker à la retraite garde un arrière-goût amer de ses dernières années en tant qu’actif. Il est persuadé que «c’est par rapport à la politique qu’ils ont tué Marseille. C’était rouge à 30% à l’époque». Ce serait donc pour casser ces bastions communistes que le port de Marseille aurait changé de stratégie. Bernard lâche d’un ton désolé : «on aurait dû être la plaque tournante de l’Europe… c’est plus le port qu’on a connu».

Pour expliquer les effectifs actuels d’ouvriers, très restreints, l’ancien docker parle d’évolution technique. Avant, tout se faisait à la main, il n’y avait ni portique, ni container, ni remorque.

«Le progrès nous a tué»

  Bernard et Gwen ont exercé deux métiers phares du port de Marseille (crédits : Elie Julien / Manon Bazerque)

Bernard et Gwen ont exercé deux métiers phares du port de Marseille (crédits : Elie Julien / Manon Bazerque)

 

Le docker et le transitaire sont indissociables. Gwen est transitaire dans le port de Marseille depuis une trentaine d’années. Sa mission : gérer les commissions de transports maritimes et les formalités de douane à l’import comme à l’export. Il doit donc «prendre en charge des marchandises d’un point A à un point B, les transporter et gérer toute la logistique en amont». Il gère les relations entre les entreprises de transports routiers et les compagnies maritimes.

Sur Marseille, il y a une cinquantaine d’entreprises de transitaires. Elles font travailler environ 3000 personnes. En effet les marchandises viennent du monde entier. Beaucoup arrivent d’Asie, « puis y a des produits vrac qui viennent d’Afrique et d’ailleurs…», poursuit Gwen.  Le port de Marseille-Fos occupe donc une place stratégique importante de la Méditerranée.

 

Ecoutez l’intégralité des propos de Bernard, avec l’ambiance du boulodrome, où nous l’avons rencontré…

 

Elie Julien

Manon Bazerque