Iran #2/2 : L’espoir d’un renouveau économique

Le 24 novembre dernier, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif  annonçait à son pays via Facebook une future levée de sanctions internationales contre l’Iran. Sur place, le bilan  de la situation six mois plus tard.

L’accord de Genève mis en œuvre dès janvier prévoyait notamment la transparence des activités nucléaires iraniennes. Une manière de contredire les soupçons des Occidentaux, qui accusaient l’Iran de développer des compétences nucléaires (et notamment l’enrichissement d’uranium à 20%) en vue d’acquérir l’arme atomique. L’accord devant arriver à expiration mi-mai, des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) se sont rendus sur place le 5 mai pour vérifier que les mesures prises après l’accord avaient été respectées durant ces six mois. Prochain rendez-vous international pour de nouvelles discussions entre l’Iran et le groupe des 5 + 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) : le 13 mai, à Vienne (Autriche). Car l’objectif est d’obtenir la levée complète des sanctions économiques d’ici mi-juillet ; mais pour cela, la garantie d’un programme nucléaire iranien exclusivement pacifique est essentielle.

 

En Iran, la levée partielle de l’embargo a suscité un vif espoir pour la population. La rédaction est allée à la rencontre de deux retraités et d’une étudiante de 20 ans.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Une bouffée d’air frais pour les relations avec la France

 

En Iran, la France souffre d’une mauvaise image . La faute à la sévérité de longue date des gouvernements français face aux Iraniens. Dernièrement, l’ex-Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius avait d’ailleurs fait capoter , seul contre tous, les premières négociations de l’Accord de Genève.

 

Après la promulgation de la résolution 1737 par l’ONU, instaurant l’embargo fin 2006, la France avait aussi rapatrié bon nombre d’entreprises délocalisées mais qui faisaient pourtant bon commerce avec l’Iran. On pense notamment à Renault, PSA Peugeot Citroën (pour lequel l’Iran était le deuxième marché en volume, derrière la France, jusqu’à l’arrêt des exportations en février 2012), Total, Alstom, ou encore le Crédit Agricole et la Société Générale… La plupart de ces groupes ont émis le souhait d’y retourner une fois l’accord confirmé en juillet prochain.

Mais l’Iran n’est pas prêt de pardonner à la France son manque de confiance. Des hommes d’affaires français reconnaissent le retard pris par leur pays pour renouer des liens économiques et industriels avec l’Iran : « ils risquent de nous le faire payer », redoute un industriel français .

 

Une poignée de main historique entre les Ministres des Affaires étrangères iranien et français, dont les pays respectifs ne s’étaient presque pas adressé la parole depuis une d’années. (Crédits : capture d’écran)

Une poignée de main historique entre les Ministres des Affaires étrangères iranien et français, dont les pays respectifs ne s’étaient presque pas adressé la parole depuis une d’années. (Crédits : capture d’écran)

 

 

 Suzanne Shojaei

Propos traduits par Reza Haji Abedini