« Depuis tout gamin je rêvais de jouer en Une pour le CSBJ »

Kevin Rivoire a joué, à l’avant-veille de ses 20 ans, son premier match avec l’équipe fanion du Club sportif Bourgoin-Jallieu (CSBJ) rugby. Et malgré la défaite (en match amical contre le LOU, équipe qui évolue dans l’élite du rugby français,12-31) c’est une première expérience qui restera gravée toute sa vie. Ce jeune joueur a accepté de confier en exclusivité ses impressions à Buzzles.

Buzzles : Kevin, peux-tu nous décrire ton parcours ?

Kevin Rivoire: J’habite depuis toujours à quelques kilomètres de Bourgoin, alors dès que j’ai eu l’âge, j’ai commencé le rugby. Je pense avoir débuté en 1999 je devais donc avoir vers 5 ou 6 ans. Ensuite j’ai gravi les échelons un par un. Par chance j’ai toujours eu l’opportunité de jouer. J’ai rarement été placé sur le banc dans mes catégories respectives et je touche du bois pour que ça continue (il se retourne et effleure le volet en bois le plus proche). Lors de la saison 2012/2013, l’équipe Une venait de descendre en fédérale 1 (3ème division) et une réserve a été formée. Grâce à ça j’ai pu commencer à découvrir un autre niveau. En plus on a été champion de France alors c’était énorme. Enfin, l’année dernière comme l’équipe fanion est montée, j’ai joué avec les espoirs et les reichels (moins de 21 ans). Cette saison, j’ai signé une convention pro, qui me permettra peut-être de jouer en ProD2.

Photo champion de France : Champion de France avec l’équipe espoir, Kevin Rivoire (deuxième en partant de la gauche) soulève son premier bouclier. (Crédit photo : facebook).

Photo champion de France : Champion de France avec l’équipe espoir, Kevin Rivoire (deuxième en partant de la gauche) soulève son premier bouclier. (Crédit photo : facebook).

 B: Tu connais le groupe depuis longtemps ?

K.R. : Je m’étais déjà entraîné quelques fois la saison dernière avec eux mais bon ce n’était pas régulier, parce que je passais mon BTS donc fallait être sérieux. Cette année, je suis plus amené à travailler avec eux, puisque normalement je m’entraîne avec la Une toute la saison. Depuis fin juin j’ai fait toute la préparation avec eux, je ne fais que ça. Mais la semaine prochaine je reprends le boulot sous la forme d’un mi-temps, donc je vais devoir jongler entre les deux. C’est quand même agréable d’avoir un patron qui tolère et qui te permet de jouer.

Photo entraînement : Kevin s’entraîne depuis le début de la saison avec le groupe pro. (Crédit photo : D.R.).

Photo entraînement : Kevin s’entraîne depuis le début de la saison avec le groupe pro. (Crédit photo : D.R.).

 

B: Quel fut le plus gros changement quand tu as commencé à t’entraîner avec la une ?

K.R. :Le rythme a clairement été différent. En plus j’ai commencé par la préparation physique. C’était la première saison que je faisais en professionnel donc là ça calme. C’est plusieurs tons au dessus de celles que j’ai pu connaître les années précédentes. C’est très exigeant, très précis… C’est pro tout simplement.

B: Comment as-tu appris ta sélection avec l’équipe une ?

K.R.: Le mardi, les coachs nous ont dit que nous étions 30 sur la feuille. Donc à partir de ce moment, on était impatient de connaître l’annonce du groupe mais on savait que cinq d’entre nous ne joueraient pas. Puis le jeudi, le groupe n’est pas tombé mais on a su que tous les avants seraient présents. Donc là, j’étais forcément très content. D’abord parce que j’étais dans le groupe et parce que c’était contre le LOU, une équipe qui monte en Top 14 et en plus de ça c’est un derby. Ça avait tout du match très intéressant à jouer.

B : Tu t’attendais à être dans le groupe ? Quelle fut ta première réaction quand tu as appris ta sélection ?

K.R. : Pas tellement non. Je ne savais pas si j’allais être pris ou pas, ni comment ça allait se passer. Donc être sur la feuille c’était super mais alors s’attendre à jouer dix minutes et en jouer 25 de plus c’était parfait. C’était donc une énorme satisfaction. J’étais plus que content. Tout de suite après j’ai envoyé un message à mes parents, à mon frère, parce qu’ils voulaient absolument savoir si je jouais ou pas.

Photo match : Kevin a toujours joué dans les catégories jeunes. (Crédit photo : D.R.).

Photo match : Kevin a toujours joué dans les catégories jeunes. (Crédit photo : D.R.).

B : La veille du match, comment ça se passe ?

K.R. : La veille on essaye de ne pas trop y penser. Heureusement c’était un match amical donc ça calme un peu la pression mais ça risque d’être différent avec les matchs qui arrivent après. Mais clairement on est content, on a hâte d’être sur le terrain. Le jour du match t’as un gros stress. Parce qu’il faut quand même imaginer que ça fait 15 ans que je regarde cette équipe des tribunes. Alors quand c’est toi qui foule la pelouse ça fait bizarre. Dire que depuis que j’étais gamin je rêvais de jouer en une avec le CSBJ…

B : Tes proches sont-ils venus ? Qu’en ont-ils pensé ?

K.R. : Évidemment ma famille est venue. Mes potes ont aussi fait le déplacement et forcément ça fait plaisir. Ils venaient me voir quand j’étais en réserve ou en espoirs, mais là c’est différent. Je pense qu’ils étaient tous assez fiers de me voir sur le terrain. Après je pense aussi que ma famille appréhendait le changement de niveau …Parce que la différence des impacts est impressionnante. Mais bon une fois que tu es sur le carré vert, tu oublies la peur et la douleur.

B : Quels sont tes objectifs à présent ?

K.R. : J’espère que je ferai des feuilles de matchs, ça me permettra de progresser. Mais bon c’est pas moi qui décide. De toute manière je vis au jour le jour. Et pour l’instant je suis bien à Bourgoin alors je me prends pas la tête et je continue de prendre du plaisir, en ciel et grenat.

 

Propos recueillis par Pierrick Ilic-Ruffinatti