Pourquoi Marin Cilic a remporté l’US Open

La finale de l’US Open qui a clôturé la saison 2014 de tennis a rendu son verdict au terme d’une quinzaine pleine de surprises. Key Nishikori et Marin Cilic se sont hissés au sommet du tournoi, et c’est finalement Cilic qui l’a emporté. Sa victoire n’est pas anodine.

 

‘’Le Croate remporte le premier Grand Chelem de sa carrière.’’ Crédits: DR.

‘’Le Croate remporte le premier Grand Chelem de sa carrière.’’ Crédits: DR.

 

Marin Cilic Digest

Croate

Né le 28 septembre 1988 (25 ans) à Međugorje en Yougoslavie

Professionnel depuis 2005/ Entraineur : Goran Ivanisevic

Titres : 12 titres en simple

Classement : numéro 9 à l’ATP

Cilic a profité du déclin du Big Four

Incontestablement, le Big Four, qui rappelons-le est composé de Novak Djokovic, Rafael Nadal, Roger Federer et Andy Murray, est sur le déclin. Federer, qui était redevenu favori dans un tournoi du Grand Chelem, l’US Open (après sa victoire à Cincinnatti et sa finale au Canada face à Jo-Wilfried Tsonga), avait retrouvé cette saison un peu de son jeu d’antan et de sa superbe. Un jeu qui lui a permis de devenir le meilleur joueur de tous les temps avec 17 Tournois du Grand Chelem remportés. Et puis sur sa route américaine le Suisse a croisé Marin Cilic…

Ensuite, Rafael Nadal, tenant du titre à New York, était blessé au poignet. Le Majorquin multiplie les blessures et semble un peu moins endurant sur une saison. Aujourd’hui son physique ne lui permet plus le rendement qu’il avait il y a 3 ans de cela. Depuis quelques années, il joue principalement la saison sur terre battue, sa surface de prédilection. Il se donne tout autant psychologiquement que physiquement et son corps supporte moins les tournois suivants.

Novak Djokovic, pour sa part, doit endurer un trop plein d’émotions : il y a eu son mariage très récent avec sa compagne Jelena Ristic et l’annonce de sa future paternité. Djoko n’a donc plus vraiment la tête au tennis… et on le comprend.

Andy Murray, le dernier à compléter le Big Four, est celui des quatre qui compte le moins de titres du Grand Chelem à son palmarès (2 dont un à l’US Open en 2012 et Wimbledon en 2013). Même avec Amélie Mauresmo à ses côtés, Andy Murray doit gagner en constance et en régularité.

Marin Cilic a profité de ce déclin pour percer et signer la première victoire en Grand Chelem de sa carrière. Et comment décrire cette performance, si ce n’est dire qu’elle est historique puisque cela faisait 9 ans que le Big Four n’avait pas manqué une finale de Grand Chelem.

Et ce n’est peut-être pas fini. Rappelons que Stan Wawrinka a remporté l’Open d’Australie 2014. Les joueurs comme Dimitrov, Raonic, Nishikori, Cilic, faisant partie de la nouvelle vague, peuvent aujourd’hui rêver plus grand.

Rafael Nadal, Roger Federer, Andy Murray et Novak Djokovic composent le Big Four du tennis mondial/ Crédit photo : D.R

Rafael Nadal, Roger Federer, Andy Murray et Novak Djokovic composent le Big Four du tennis mondial/ Crédit photo : D.R

 

Il avait une revanche à prendre

Lors du tournoi de Munich 2013, Marin Cilic est contrôlé positif à la nicéthamide, un stimulant cardiovasculaire. Il avoue alors avoir consommé des tablettes de glucose, contenant une substance prohibée et dont il ne savait rien. Néanmoins, il est condamné à 9 mois de suspension, qui ne seront pas suivis. Il en fera seulement 4 après décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS).

Cilic, qui se dit victime, revient plus fort. Plus déterminé que jamais, le Croate reprend le chemin des courts avec son nouvel entraineur Goran Ivanisevic et redouble d’efforts. Pour le joueur, cette suspension a finalement été un mal pour un bien : elle lui a permis d’améliorer son jeu et son mental. L’US Open, qu’il avait manqué en 2013 justement pour cause de dopage, lui tient à cœur. Pas au point d’imaginer le gagner. Au fil des matchs, il monte en puissance. Son match référence est celui face à Gilles Simon, qu’il remporte en 5 sets. Voilà une preuve de sa force mentale retrouvée. Et ensuite, Cilic est passé en mode rouleau compresseur, sans doute pensant que chaque match n’était que du bonus pour lui. Une chance en plus qu’il ait joué le meilleur tennis de sa vie.

Il a Goran Ivanisevic comme entraineur

Goran Ivanisevic, c’est un tournoi du Grand Chelem (Wimbledon en 2001), 2 Masters 1000 et surtout le recordman d’aces en une saison (1477 en 1996). Énorme.

Quand il a repris Cilic il y a un an, le joueur était redescendu à la 47ème place au classement ATP et venait de purger une suspension pour dopage. Le moral n’était pas au beau fixe tout comme le jeu. Ivanisevic a donc mis les bouchées doubles pour remettre à niveau Marin Cilic. Le travail d’Ivanisevic avec Cilic ? Lui faire améliorer son jeu de service déjà bon. Résultat ? A l’US Open, il a servi 19 aces face à Tomas Berdych et 13 face à Roger Federer.

De plus, son nouvel entraîneur lui a appris à rester en fond de court. A New York, on l’a remarqué et on a constaté aussi la grande précision du joueur désormais classé numéro 9 à l’ATP. A la volée, il a aussi progressé, montant quand il le fallait. Vite fait bien fait.

Mais la recette fut certainement de prendre du plaisir sur le court, de savourer chaque point comme si c’était le dernier. Avec toutes ces clés en main, Marin Cilic a pu jouer le meilleur tennis de sa vie, et éliminer tour à tour Simon, Berdych, Federer et Nishikori.

 

Regardez les temps forts de la finale entre Cilic et Nishikori :

 

Il faudra maintenant voir si Cilic confirme son regain de forme et de motivation la saison prochaine.

 

Mathilde BRUN