« L’humour ne doit pas être une arme de destruction massive. »

Mohamed Fellag a accepté de livrer sa vision de l’humour à la rédaction de Buzzles.

Fellag est né au milieu du 20ème siècle dans une petite commune algérienne. Il est devenu humoriste et se bat contre les inégalités et les injustices. Son cheval de bataille reste avant tout la lutte contre le racisme. Lui, l’Algérien exilé en France, souhaite renforcer les liens de proximité entre ses deux pays de cœur. Nous l’avons rencontré lors du 27ème Festival du livre de Mouans-Sartoux.

Mohamed Fellag, décontracté en interview. (Crédit Photo : Eva Garcin)

Mohamed Fellag, décontracté en interview. (Crédit Photo : Eva Garcin)

Vous maniez l’humour à la perfection, pensez-vous qu’il est un moyen de faire passer des messages ?

Je crois que c’est une arme formidable, c’est une façon d’être qui permet de faciliter la communication avec les autres parce que l’humour se fait dans l’amour des autres. On ne peut pas passer des messages importants par la violence ou en obligeant l’autre à nous écouter. Ça se fait dans le plaisir et la fluidité. C’est une façon formidable de faire passer tout ce qu’on veut. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire comme ça, brutalement. Il suffit de dire la même chose mais enrobé d’une petite blague et ça passe.

Vous pensez que vous avez tous les droits en tant qu’humoriste ?

Je crois qu’on peut tout dire, c’est la façon de le dire qui est importante. On n’a pas le droit de tout dire de façon violente ou humiliante pour l’autre. Mais si on trouve la formule poétique pour faire passer ça par l’humour, on peut parler de tout. Les mêmes mots dits autrement, et on peut se faire casser la gueule (rires) !

 

Fellag pense que l’humour peut faire bouger les mœurs. (Crédit Photo : Eva Garcin)

Fellag pense que l’humour peut faire bouger les mœurs. (Crédit Photo : Eva Garcin)

Pensez-vous que votre expérience vous permet d’aller plus loin dans l’humour ?

Je crois que oui, l’humour change avec l’évolution de la société mais aussi avec notre expérience du métier. Plus on avance, plus on ouvre des chemins, plus on trouve des idées, plus on ose, plus les gens nous connaissent, plus on sait jusqu’où l’on peut aller avec eux et l’on pousse le bouchon un peu plus loin. On sait aussi où s’arrêter, et là où on touche à l’intégrité de l’autre. L’humour ne doit pas être une arme de destruction massive. Il faut qu’il y ait toujours l’amour qui accompagne l’humour.

Propos recueillis par Antoine Coste-Dombre & Pierrick Ilic-Ruffinatti