Sanseverino à la conquête de mars

Lors du 27ème Festival du livre de Mouans-Sartoux, les 3, 4 et 5 octobre, l’artiste a interprété son dernier album. Buzzles l’a rencontré.

Parmi tous ses tatouages, un « non à tout », en gras, inscrit à vie sur son bras droit. Souriant, son chapeau vissé sur la tête, le chanteur tsigane présentait son septième album, intitulé Le petit bal perdu. Un opus de treize reprises de chansons des années 30 à 70.

concert sanseverino

Sanseverino en concert à Mouans-Sartoux, le 4 octobre. (Crédits : Mathias Somm)

Pourquoi un album de reprises ?

C’est ma maison de disque, Sony, qui m’a proposé de faire un album de reprises. Le projet m’a plu parce qu’il demandait des arrangements et une équipe à choisir. C’est toujours intéressant de faire des reprises parce qu’il faut prendre la chanson d’un autre pour la mettre à sa sauce, c’est un exercice musical et d’interprétation plutôt sympa. J’ai foncé.

Quel est l’intérêt d’interpréter de vieilles chansons ?

Le but est de faire redécouvrir aux gens des choses qu’ils connaissent déjà ou de les faire découvrir aux plus jeunes. Pour moi, chanter la chanson d’un ancien, c’est super facile, c’est une joie.

Comment est né le projet ?

Il a été décidé au mois d’avril. Ensuite, j’ai travaillé dessus, tout seul, pendant un mois et demi. On a repris au mois d’août pour finalement enregistrer dix jours. Je voulais donner à mon disque le son dont j’avais envie, un truc un peu bastringue. Je suis content du résultat.

Quel est, selon vous, l’avenir du marché de la musique ?

Je pense que le disque va s’éteindre et que des clans se formeront. Perso, je fais partie des vinyleux. J’achète le moins possible de MP3. Le problème avec ce format, c’est que je ne sais pas qui joue et où les titres ont été créés. Des fois, j’ai envie d’appeler les musiciens et de leur demander : « Comment vous avez fait pour faire ça ? Le micro, il est loin ou près à ce moment-là ? »

Vous êtes proche de Gilles Mordant, co-fondateur de Fairplaylist, l’association qui vous présente au Festival. Que pensez-vous de leur objectif, « une musique éthique et solidaire » ?

Je suis tout à fait pour ce genre d’initiative. Personnellement, je ne peux pas m’affilier à eux car j’ai déjà un contrat dans une grosse maison de disque (ndlr : Sony) et je n’ai pas de soucis avec eux, ils ne m’ont jamais demandé de changer même quand je vendais moins. Mais j’adhère à leur idée de proximité ; par exemple, je préfère jouer 400 fois à la Maroquinerie qu’une fois à Bercy.

Quel est votre prochain projet ?

Un album intitulé Papillon, tiré du livre du même titre, qui a aussi donné un film. Ça parle d’un bagnard qui se fait arrêter pour un fait qu’il n’a apparemment pas commis. Dès son arrivée au bagne, il s’échappe. C’est une multitude d’évasions, sur treize ans, que je raconte en chansons. L’album sortira au mois de mars et sera suivi d’une tournée d’un an.

 

Propos recueillis par Eloïsa Patricio