décembre 21

François Bouët, illustrateur « depuis le siècle dernier »

Dessinateur, graphiste et musicien, François Bouët possède un style et un univers bien à lui, toujours en évolution.

François Bouët, dans son atelier. Photo A.C.D.

François Bouët, dans son atelier. Photo A.C.D.

Clope au bec et tasse de café à la main, François Bouët n’a pas toujours un crayon entre les doigts. Ce Montpelliérain de 57 ans nous ouvre les portes de son atelier, véritable annexe de sa maison. L’atelier est rangé, les dessins, tableaux et autres sérigraphies sont impeccablement mis en évidence. L’illustrateur attend des visiteurs, alors qu’il participe à un « parcours d’artiste » qu’il a lui-même créé il y a quelques années, aujourd’hui organisé par une association de Montpellier. Sa passion pour le dessin, il la trimbale depuis les années 70. François est fan de BD et de rock psychédélique: « Au début, mon rêve était de faire des pochettes de disques ». Les affiches de concerts étaient « psyché » et se faisaient en sérigraphie, une technique qu’il utilise depuis.

La BD est également très importante pour ce père de trois enfants : « J’étais vraiment fan des Giraud, Frankin, Pratt … ». Le dessin est venu petit à petit. Dès la classe de sixième, il se découvre un intérêt pour l’exercice et son prof d’art plastique de l’époque n’y est pas étranger : « Les cours avec Bernard Devault (son professeur au collège, ndlr) ont été un élément déclencheur, il amenait des techniques, des bouquins, et t’apprenait plein de trucs ». L’année passée aux Beaux-Arts n’a pas eu l’effet escompté pour François : « C’était trop conceptuel, je suis plus direct, plus visuel, j’aime le côté pub ».

Un besoin d’évolution

Depuis, il a gribouillé sur des tonnes et des tonnes de papier mais aussi sur d’autres supports, car il ne supporte pas toujours faire la même chose. « J’essaye d’évoluer, de travailler des techniques et des approches différentes. J’expérimente, tout seul, innocent, et je vois ce que je peux faire ». C’est avec cette envie d’innover que François Bouët se renouvelle, passant du crayon au fusain, du pinceau au pastel, travaillant sur papier, calque, cartes à gratter… Il décrit d’ailleurs cette soif de changement comme « une naïveté expérimentale », avant d’ajouter : « La technique me permet d’aller vers de nouvelles choses. Elle se nourrit avec mes idées, la technique fait partie du travail graphique ».

Et si son travail n’est pas de faire des pochettes d’albums comme il le rêvait adolescent, la musique reste centrale dans la vie de cet amoureux de Charlie Watts (batteur des Rolling Stones). « C’est un moteur essentiel pour moi, faire de la musique ça me transporte (il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et joue aujourd’hui dans une fanfare). Même si dans mon métier ça n’est pas un sujet que j’illustre, je bosse toujours en musique ».

Comme le jeu de Charlie Watts, le style de François Bouët est épuré, rythmé et va à l’essentiel. Et s’il se définit comme « illustrateur depuis le siècle dernier », il n’a pas fini de dessiner, le regard plongé dans notre siècle.

Antoine Coste Dombre