Charlie Hebdo : la parole se libère dans les lycées

#JeSuisCharlie  est le hashtag le plus populaire du monde sur Twitter. L’attentat du mardi 7 janvier fait la une de tous les médias et fait réagir jusque dans les établissements scolaires. Mais comment parler à des élèves de ce qu’il s’est passé dans les locaux de Charlie Hebdo ?

Toutes les écoles, mais aussi les collèges, lycées et instituts d’enseignement supérieur du service public étaient tenus d’observer une minute de silence, ce mardi 7 janvier. Les drapeaux sont en berne jusqu’au prochain weekend. Deux mesures obligatoires, mais beaucoup d’établissements ne s’arrêtent pas là.

Les lycéens ont souhaité aborder le sujet avec leurs enseignants, parfois pris au dépourvu. C’est le cas d’un professeur d’économie qui, au lycée Carnot de Cannes, a finalement engagé un débat avec sa classe : “c’était à la demande des élèves, c’est eux qui voulaient en parler. Je pense qu’ils en avaient besoin pour comprendre ce qui s’est passé.

Ceux qui ont évoqué le drame avec leurs étudiants souhaitent mettre en garde contre les amalgames et les raccourcis faciles. Pour Michaël, surveillant de ce lycée,  “il se pourrait que les élèves musulmans en subissent les conséquences, mais nous avons de la chance : les jeunes se connaissent en tant que personnes. Les religions passent au second plan. C’est important, parce que ce sont avant tout de futurs citoyens.”

Les élèves apprécient de pouvoir en discuter librement. C’est le cas de Jérémy : “on a pu en parler avec notre professeur d’histoire, et ça me semblait important. J’ai aussi eu l’occasion d’avoir une discussion avec un professeur de philosophie. On en parle beaucoup entre élèves aussi, on a des applications sur nos smartphones, donc on suit en permanence ce qui se passe.”

De la discussion à la mobilisation

Dans la cour de récréation, l’affaire Charlie Hebdo est au coeur de toutes les conversations : “il faut en parler et comprendre, mais aussi rester unis et se mobiliser. On ne doit pas avoir peur”, explique Axel, élève au lycée Carnot. C’est en tout cas le message que les professeurs tentent de faire passer aux étudiants.

Les débats débouchent sur des initiatives. Deux élèves ont organisé leur propre marche de soutien – non pas à la mémoire des victimes de Charlie Hebdo en particulier, mais à la liberté d’expression. Un appel à la mobilisation a été lancé sur les réseaux sociaux et les adolescents distribuent eux-mêmes des tracts. La manifestation, qui devrait partir du lycée Carnot mardi 13 janvier à 14h, incite tous les lycéens de Cannes à sortir dans les rues afin “d’élever haut et fort [leur] voix”.

 

Par ce message, les élèves souhaitent réunir "tous les cannois, mais majoritairement les lycéens" Crédit: M.B

Par ce message, les élèves souhaitent réunir « tous les Cannois, mais majoritairement les lycéens » Crédit: M.B

 

Camélia est à l’origine de l’évènement. Elle explique : “ je suis surtout là pour défendre et revendiquer notre liberté, mais aussi pour montrer que tous les jeunes ne sont pas blasés et feignants. On est là et on veut dire que nous sommes touchés par ce qui s’est passé. La liberté, c’est le plus important pour moi, on n’y touche pas.”

Prises de paroles au quotidien

D’autres lycéens français ont pris les devants et ont manifesté leur soutien à Charlie Hebdo par différentes actions.

 

“Je suis Charlie” est partout. On le retrouve affiché sur les tableaux, parfois porté par les élèves eux-mêmes, sur un blouson ou un tee-shirt. Les jeunes affichent leur soutien de vive voix, comme sur les réseaux sociaux.

 

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Manon Bazerque & Pauline Brisset