Snowden’s Great Escape ouvre le bal

Premier jour du FIPA, premier reportage diffusé : celui de John Goetz et Poul-Erik Heilbuth. Un choix visiblement bon, puisque le film a fait salle comble au cinéma Le Royal de Biarritz mardi matin.

séance du film en compagnie du réalisateur Danois crédit MB

Séance du film en compagnie du réalisateur Danois (crédit MB)

 Tout le monde connaît l’affaire Snowden. Cet ancien employé de la CIA et de la NSA révèle dans les médias en 2013 plusieurs informations classées confidentielles de la NSA, notamment les programmes de surveillance sur Internet. Un film qui retrace la « plus grande chasse à l’Homme de l’Histoire ». Pas de surprise pour les spectateurs. C’est en tout cas l’avis de Marie : « J’étais au courant. Cela dit, c’est très intéressant et je n’aurais pas su raconter toutes les péripéties. »  Un reportage pourtant inévitable pour Poul-Erik Heilbuth. Le réalisateur danois est venu le présenter au public. Son but ? Montrer que la ligne entre la morale et le pouvoir est très fine. Les services secrets agissent en toute impunité soi-disant pour protéger les populations. Mais en réalité, ils bafouent la loi, les droits et la liberté des Américains.

 

Une apparence journalistique

 À première vue, ce film a toutes les caractéristiques du journalisme. La parole est donnée aux différents partis : à Michael Hayden, ancien directeur de la NSA, comme à Edward Snowden. Des intervenants qui contribuent à légitimer le reportage. Toutefois, ce reportage demeure très subjectif. La plupart des témoins sont des proches de Snowden ou des personnes qui le soutiennent. On voit par exemple beaucoup Sarah Harison, journaliste chez Wikileaks qui fuit avec Snowden, son père ou encore Gleen Greenwald, son avocat. Le réalisateur n’hésite pas non plus à faire le portrait à charge d’une CIA machiavélique qui contrevient à la liberté de l’individu en l’espionnant. Un regard ô combien manichéen.

Le film oscille donc entre documentaire et reportage. Beaucoup d’outils cinématographiques sont utilisés. Dès le départ, Poul-Erik Heilbuth donne le ton avec des flous, des gros plans, qui ne séduisent pas forcément tous les spectateurs.

Poul-Erik Heilbuth pense que les opinions diffèrent en fonction des lieux où le reportage est diffusé. Alors qu’en France le silence est roi, au Danemark ce sont au contraire des acclamations qui se font entendre. Et le réalisateur reste persuadé que les Américains accueilleraient ce film d’une tout autre manière.

 

 

Gyotis Delsart

Manon Bazerque

 

 

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