Festival de la BD d’Angoulême : la rafale Charlie Hebdo

A l’occasion de la 42ème édition du Festival international de la bande dessinée, la mairie d’Angoulême goûte à l’« esprit Charlie ». Attention, ça pique !

Dans les jardins de l’hôtel de ville d’Angoulême, les « unes » de Charlie Hebdo plantent le décor de la 42ème édition du Festival international de la bande dessinée. (Crédit photo : Alice Gobaud)

Dans les jardins de l’hôtel de ville d’Angoulême, les « unes » de Charlie Hebdo plantent le décor de la 42ème édition du Festival international de la bande dessinée. (Crédit photo : Alice Gobaud)

« Chirac c’est une bite à lunettes », dans les jardins de l’hôtel de ville d’Angoulême. La « une » de l’hebdomadaire Charlie Hebdo fait sourire certains passants. Elles sont une quarantaine à habiller les rues de la cité de la bande dessinée depuis le début du festival. Affichées dans les centres névralgiques de la ville, difficile d’y échapper : jardins de l’hôtel de ville, place Francis Louvel ou encore face à l’Espace Franquin, elles s’imposent au regard des festivaliers sur des panneaux électoraux. Sur celui-ci, Valéry Giscard d’Estaing grimé en organe sexuel masculin sous le titre de une « Tête de nœud président ». Sur celui-là, Jacques Chirac caricaturé en pénis avec en guise de pieds une paire de testicules. « Faut pas me marcher sur les pieds », avertit-il. Le pouvoir politique en prend pour son grade. Des « unes » grivoises sur des panneaux électoraux mis à disposition par la mairie, l’initiative peut faire sourire. Ce sont notamment sur ces mêmes panneaux que les affiches de campagnes des candidats aux municipales de mars dernier avaient été placardées. Angoulême ose Charlie !

« C’est Charlie qui dit au maire d’Angoulême que c’est un con »

La direction du Festival de la BD a décidé de décerner un Grand Prix spécial « de la liberté d’expression » aux dessinateurs tués lors de l’attentat perpétré au siège de Charlie Hebdo le 7 janvier à Paris. Une démarche qui, au regard de l’« esprit Charlie », peut sembler somme toute convenue. La déferlante Jean-Christophe Menu a donné un ton plus percutant à la cérémonie. Désigné par l’équipe de Charlie Hebdo pour recevoir ce prix, l’auteur s’est attaqué au maire d’Angoulême, Xavier Bonnefont (UMP) : « C’est Charlie qui dit au maire d’Angoulême que c’est un con. Je transmets ». Une critique ouverte envers Xavier Bonnefont qui avait ordonné en décembre dernier la mise en cage de bancs publics pour en éloigner les sans-abris. Une réplique à la « Charlie » qui aurait sûrement pu faire la « une » du journal et être placardée, elle aussi, sur les panneaux électoraux de la ville.

Pour écouter le discours de Jean-Christophe Menu lors de la cérémonie officielle du Grand Prix spécial, c’est sur le site de France Inter.

Alice Gobaud