700 « sorcières » tuées en Tanzanie

En Tanzanie, c’est une véritable chasse aux sorcières que dénoncent les ONG. Selon l’Agence France-Presse, ce sont plus de 700 femmes, accusées de magie noire, qui ont été assassinées en 2013.

Tanzanie sorcière agression

Les survivantes gardent les stigmates psychologiques et physiques des attaques (Crédit photo : konbini.com)

L’AFP a récemment publié un reportage, relayé par Le Monde, qui pointe du doigt les meurtres barbares de centaines de femmes, souvent âgées, considérées comme des « sorcières » par leurs agresseurs. D’après les témoignages recueillis, ce sont souvent les voisins des prétendues sorcières qui ont les premiers soupçons et les dénoncent, souvent à la suite d’un accident ou d’une catastrophe, comme par exemple la mort d’un petit garçon dévoré par une hyène. Ces femmes connaissent des agonies lentes et douloureuses : la fille de l’une d’entre elles explique qu’après lui avoir coupé les mains, les meurtriers l’ont brûlée vive. En 2013, les ONG ont compté 765 meurtres de ce type en Tanzanie, mais il faut sans doute revoir ce nombre à la hausse.

Tanzanie guérisseuse

Une guérisseuse revendiquée (Crédit photo : sudouest.fr)

Dans ce pays d’Afrique de l’Est où 93% des habitants croient en la magie, les superstitions sont encore bien présentes : le gouvernement tente notamment d’empêcher les meurtres d’albinos, recherchés par des « guérisseurs » qui considèrent leurs potions plus efficaces lorsqu’elles contiennent les organes de ceux-ci. Mais au-delà des croyances, c’est aussi l’argent qui est souvent à l’origine de ces assassinats. Les prétendues sorcières sont pour la plupart des femmes âgées, vulnérables et marginalisées, des proies faciles pour ces agresseurs avides de biens. Outre les accusations de magie noire, l’objectif des tueurs de « sorcières » est aussi et surtout de s’emparer de leurs biens, les femmes en question étant souvent sans famille ou proches susceptibles de les récupérer. Les ONG déplorent à ce jour l’absence de réaction du gouvernement tanzanien.

Le reportage de l’AFP, pour aller plus loin :

 

Emilie Unternehr