A Cannes, le breakdance mis à l’honneur

Les 14 et 15 février prochains se tiendra la 9ème édition du « Break the Floor » au Palais des Festivals de Cannes. Rencontre avec l’organisateur de cet évènement incontournable des fans de breakdance.

Buzzles : La première édition du concours s’est déroulée en 2006, vous aviez alors 22 ans. A cet âge, comment lance-t-on un évènement de cette envergure ?

Karim Jabari, organisateur : Ce n’est pas forcément toujours facile. Il y a souvent des obstacles, mais nous avons fait en sorte de les surmonter. Au tout début, Break the Floor n’était qu’une petite compétition au niveau local dans une petite salle de 450 places et dès la première année, ça a plu. En 2007, lors de notre deuxième édition, l’actuel maire de Cannes, David Lisnard, était dans la salle, et nous a proposé de développer encore plus notre projet en nous ouvrant les portes du Palais des Festivals. C’est à ce moment-là que notre projet a pris de l’ampleur, avec l’ouverture à l’international, la création d’une édition d’été, la mise en place d’un partenariat avec la ville de Cannes et le Palais… Quand je regarde tout ce qui a été accompli, je suis assez fier de ce que nous avons réalisé, à chaque fois nous faisons salle comble, et l’évènement se place dans le Top 10 mondial des compétitions de breakdance !

Buzzles : Pourquoi avoir choisi la ville de Cannes ?

K.J : Je suis Cannois et j’aime beaucoup cette ville. Elle a une grande renommée à travers le monde, mais je trouvais que durant l’hiver, en saison creuse, il y avait peu de choses proposées aux habitants et spécialement aux jeunes. J’ai donc voulu dynamiser la vie culturelle et sportive à cette période de l’année, d’ailleurs, nous sommes encouragés par la municipalité sur ce terrain-là. Au début nous pensions accueillir un public jeune et très local, mais finalement nous nous sommes trompés. Nous avons des spectateurs de vraiment tous les âges, et de partout dans le monde. Certains viennent de très loin pour assister à la compétition !

Karim Jabari Break The Floor Cannes

Karim Jabari lors d’une émission sur une radio locale. Crédit Photo : Weez Radio

Buzzles : Qui sera présent à cette édition ?

K.J : Enormément de gens ! Le samedi, 8 équipes de 4 s’affrontent sur la scène du Palais des festivals, départagés par 3 juges. Le dimanche, pour la compétition en solo il y aura 16 danseurs au total départagés par 6 juges. Tous les compétiteurs sont de vrais athlètes, très talentueux ! Ils ne sont pas forcément très connus par le grand public, mais sont tous des professionnels de la danse. Certains sont dans des troupes, d’autres ont monté des écoles, ou donnent des cours. Nous les avons sélectionnés pour leur palmarès, leur actualité, leur visibilité, etc.

Buzzles : Vous-même faites du breakdance à haut niveau, quel regard portez-vous sur les challengers ?

K.J : Je suis très admiratif. Déjà car je suis très loin d’être à leur niveau : ils sont tous, sans exception, vraiment très bons dans leur discipline. Egalement car malgré leur talent et leur succès ils ont su rester très humbles, accessibles, simples. Nous gardons généralement de très bons rapports, ils nous invitent parfois dans leur pays et nous accueillent très chaleureusement !

Buzzles : Que gagne le vainqueur ?

K.J : Le vainqueur de la compétition gagne deux choses : le droit de participer d’office à l’édition suivante et un chèque de 3 000 euros. C’est une belle somme pour les danseurs, d’autant plus qu’ils sont invités, tous frais payés pour un week-end à Cannes et sont super bien accueillis !

Buzzles : Des nouveautés pour l’édition 2015 ?

K.J : Plein ! Déjà, c’est la première fois que nous organisons des battles de popping (NDLR : Une discipline qui consiste en la contraction et décontraction des muscles en rythme avec la musique). Nous souhaitons également donner une plus grande place à la musique. Pour la première fois, nous aurons un groupe sur scène avec nous, Brooklyn. Enfin, nous avons un partenariat avec l’association Rêves, qui réalise les rêves d’enfants malades. Nous leurs reversons 20 % des bénéfices réalisés avec la vente de goodies.

Propos recueillis par

Cyrille Ardaud