Amsterdam, la ville du péché artistique

L’âme artistique de la ville aux 1500 ponts est bien présente, mais certains artistes de street art hollandais, comme Fake, ne la ressentent plus.

Amsterdam, cette capitale européenne dans laquelle règne une atmosphère si particulière. La « Venise du Nord » est reconnue pour son authenticité et son originalité. Plus que des moulins, des vélos et des tulipes, Amsterdam abrite une grande communauté d’artistes. Ces derniers ont élu domicile en son sein, notamment pour l’atmosphère artistique que dégagent ses murs de brique. En se promenant dans le centre-ville, on peut y découvrir de nombreuses œuvres de street art, des graffitis, des collages, des peintures, et mêmes des sculptures. La plus grande concentration d’artistes se trouve au 216 Spuistraat avec son squat de Vrankrijk .On y trouve beaucoup d’œuvres d’art urbaines, pour la plupart sous forme de graffitis ou de peintures. Des dessins engagés, qui font passer un message à travers la créativité. Amsterdam abrite même le seul musée officiel et international de street art. Tout porte donc à croire que la capitale néerlandaise est l’une des plus grandes villes de street art au monde. C’est en tout cas ce que les nombreux touristes s’accordent à dire. Mais qu’en-est-il des professionnels de ce milieu ?

Amsterdam_StreetArt_Boum

L’œuvre immense et la plus connue du quartier de Spuistraat, le “Boom Building” (crédit photo : Thatsmee.fr)

Fake, la figure emblématique du street art hollandais

Parmi les artistes les plus reconnus dans le pays : Fake, un graffeur âgé de 35 ans qui a repeint de sa bombe, bon nombre de murs de la ville, et qui a voyagé dans le monde entier. « FakeLove », son œuvre la plus connue, représente deux enfants face à face, une fillette tenant une sorte de matraque dans son dos et un garçon tenant un bouquet de fleur. On reconnaît bien ici la patte de l’artiste, qui, avec de simples pochoirs, arrive à mettre en lumière n’importe quel sujet de façon très réaliste, et ce sur tous les types de supports. Fake s’inspire de son expérience personnelle et observe tout autour de lui, c’est sans doute ce goût pour les détails et l’observation qui rend ses œuvres uniques. Il a eu l’occasion de s’exercer plusieurs fois devant des milliers de personnes durant le Festival Urban Art of Amsterdam.

FAKE_LOVE_White_by_fakestencils

« FakeLove », la signature de Fake présente un peu partout dans les rues d’Amsterdam. (Crédits : Fake)

Le street artiste de renom international nous confie qu’il n’est pourtant pas convaincu de la place qu’occupe l’art urbain dans sa ville. Sa vision est loin d’être celle que laissent paraître les murs de la capitale hollandaise. Selon lui il n’y a pas vraiment d’évolution de ce courant artistique au fil du temps : « le mouvement street art stagne un peu (…) ces dernières années il ne se passe pas grand chose sur Amsterdam ». Un discours qui contraste avec les efforts de la ville pour promouvoir cet art, avec un musée et un festival. Contrairement à beaucoup d’artistes, Fake arrive à vivre de sa passion du fait de sa renommée internationale « je suis un artiste à temps plein (…), j’ai été très impliqué dans le monde du street art ». Amsterdam apparaît donc comme une ville qui ne joue pas un rôle très important dans l’art urbain d’après les professionnels, mais Fake est optimiste concernant son art. Selon lui « le street art pourra bientôt s’apparenter à une diffusion démocratisée de la culture artistique, accessible à tous, comme le cubisme ou le pop art par exemple ».

Tom Ferrero