La Quinzaine de l’emploi: tenter sa chance au Québec

Chaque année, les Français sont plus nombreux à rêver d’aller vivre et travailler au Québec. Le 18 février, lors de la journée de mobilité internationale, l’édition 2015 de la Quinzaine de l’emploi s’est attelée à présenter les avantages du travail à l’étranger.

Face à une salle du Conseil municipal de Cannes bondée, la conseillère en affaires internationales au bureau de l’immigration à Paris, Amélie Drewitt, prend le micro. Tout droit venue du Québec, elle présente ce qu’offre le Québec aux curieux désirant s’expatrier.

Chaque année, le Québec ouvre ses portes à 6 500 Français. La province du Canada recherche sans cesse des immigrés de toute nationalité pour combler ses besoins sur le marché du travail et lutter contre le vieillissement de la population. Pour avoir eu une histoire commune avec le Canada, la France est un candidat privilégié dans ses rapports au Québec.

Après avoir vanté les mérites du nouvel eldorado français, Amélie Drewitt pose les conditions de la sélection. En France, chaque année au début du mois d’avril, une session est ouverte afin d’étudier les quelque 75 000 dossiers envoyés. La commission en nomme seulement 50 000. Pour être sélectionné, il faut remplir certaines conditions précises pour récolter des points : « Par exemple si vous avez validé une année d’emploi au Québec, ça augmentera vos chances. Évidemment, on misera sur la maîtrise de la langue française, et c’est mieux d’avoir entre 18 et 35 ans. » La jeunesse prime, selon Amélie Drewitt. « L’idéal, c’est d’avoir un diplôme, même si au Québec son importance compte moins qu’en France » rappelle-t-elle en écho à la politique scolaire des Etats-Unis. Au total, il faut réunir au minimum 55 points pour obtenir le précieux permis « vacances-travail » d’une durée de deux ans. Avec ce papier, il est possible d’y travailler et ce, accompagné de son conjoint et de ses enfants. C’est ce qu’on appelle l’immigration choisie. Les candidats doivent déposer leur dossier de candidature sur le site http://www.immigration-quebec.gouv. « Vous devez vous renseigner sur la vie, la société québécoise et développer votre réseau en amont si vous voulez prétendre à des postes » éclaire la conférencière.

Amelie drewitt confu00E9rence

La Québécoise illustre le désir des Français d’aller voir ailleurs. Plus de 40% des 18-34 ans souhaitent travailler à l’étranger (crédit photo : Lucile Moy)

Pourquoi partir au Québec ?

Le nombre de places est limité. Amélie Drewitt explique cet intérêt pour les avantages que le Québec représente. Et la jeune conseillère les énumère au kilo : « Le taux de criminalité est faible. Il est proportionnel à la densité de la population », « c’est un lieu francophone unique en Amérique du Nord où la langue anglaise domine ». Et puis elle rajoute : « Au final, nous avons un mode de vie assez américain ». Si le mode de vie attire, c’est aussi le cas des paysages et des grands espaces du Québec : « Investir dans l’immobilier au Québec peut être rentable. Et plus si vous louez ». En effet, les loyers sont très peu chers et la taxe d’habitation y est absente. Cependant, Amélie Drewitt, résidente de la province canadienne, prévient les candidats des surprises en tout genre qui les attendent : « Le système de santé est bien moins avantageux », « les cinq semaines de congés payés n’existent pas non plus ». Au Québec, le système scolaire diffère du modèle français : les cours commencent plus tôt et finissent plus tôt aussi… Voilà enfin sur quoi mise le

Québec : la politique familiale. Après avoir parlé pendant une heure et demie des joies de son pays natal, Amélie Drewitt s’est aventurée à détendre l’atmosphère avant la série de questions/réponses : « Ce matin, j’ai ouvert mon ordinateur pour regarder la météo au Québec. Sachez qu’il fait en ce moment-même -23 degrés. » La salle est partagée entre rires et ahurissement.

A la fin de la conférence, certains participants évoquent les raisons qui les pousseraient à partir :

Camille Maleysson

Lucile Moy