Le risque sismique toujours aussi élevé dans le Sud-Est de la France

Trois séismes de magnitude supérieure à 3 ont été recensés sur la Côte d’Azur depuis le début de l’année 2015. Une petite piqûre de rappel pour une des régions les plus sismiques d’Europe.

Après la secousse de magnitude 5 ressentie sur la Côte d’Azur en avril 2014, trois nouveaux tremblements de terre d’une magnitude moindre ont été recensés en ce début d’année 2015 dans la région. Trois séismes bénins qui ne sont pas liés entre eux. C’est ce que nous apprend Sophie Lambotte, responsable scientifique au sein du réseau national de surveillance sismique, contactée par Buzzles. « Ces séismes ne sont pas sur les mêmes failles, ils sont resserrés dans le temps mais éloignés dans l’espace. Et puis une magnitude mesurée à 3 ou 3,5, c’est assez faible. » Si la plupart des séismes recensés dans le Sud-Est de la France sont inoffensifs, le risque du « big one » est, lui, toujours présent.

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L’Est de la région PACA est le plus exposé au risque sismique. (crédit photo : catastrophes.fr)

Des catastrophes sismiques anciennes en région PACA

La région PACA a été frappée par de violents séismes au XXème siècle. Deux ont marqué les esprits, en 1909 et en 1987. De magnitude 6,2 sur l’échelle de Richter, le séisme de 1909 avait frappé la Provence, faisant 46 morts et 250 blessés. Soit le séisme le plus violent en France depuis 1564. En 1987, la terre a tremblé sous la mer de Ligurie, située entre la Corse et le Nord de L’Italie. La magnitude était cette fois de 6,5. Le séisme avait entraîné un Tsunami qui avait atteint les côtes des Alpes-Maritimes, et notamment celles de Menton. « On peut avoir dans le futur des tremblements de terre semblables, aussi bien dans les Alpes que sous la mer Méditerranée, mais on ne peut en prévoir ni la date ni la force. »

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Le séisme de Lambesc de 1909 avait causé de nombreux dégâts en Provence. (crédit photo : http://meridianes.org)

Surveillance et prévention des séismes dans les Alpes-Maritimes

Les autorités peuvent aujourd’hui donner l’alerte en 10 à 15 minutes en cas de séisme en mer de Ligurie, pour prévenir la population de l’arrivée d’un tsunami. « Mais en cas de séisme en mer, le tsunami arrive très vite » concède Sophie Lambotte. « De nombreuses stations sismologiques étudient la grande et la petite sismicité dans les Alpes-Maritimes, toutes deux importantes pour repérer les failles actives, comme celles de la Vésubie, de la Tinée ou encore du Var. » La prévention se fait également dans les établissements scolaires des Alpes-Maritimes. Chaque structure élabore son Plan Particulier de Mise en Sureté (PPMS) qui doit permettre au personnel encadrant et enseignant de savoir quoi faire si la terre se met à trembler. Anne Deschamps, directrice de recherches au CNRS, interrogée par 20 Minutes, regrette que ce plan « ne soit pas appliqué partout ». D’autant plus sur la Côte d’Azur qui pourrait connaître « des séismes d’une magnitude 7,2, ce qui est énorme ».

Nicolas Faure