Yes we Cannes

Assez d’entendre « ça fart ? » dès qu’on sort la planche du coffre, la Méditerranée ce n’est pas que des touristes du troisième âge bedonnants. Outre les sandales-chaussettes, la Méd c’est aussi le surf !

« Le lac », voila comment mes collègues bretons l’ont qualifiée, quand j’ai admis du bout des lèvres que j’emmenais ma board sur la Croisette pour mes études. Pourtant, au-delà des clichés, cet écrin renferme un réel potentiel « surfistique ». Les mauvaises langues de la côte ouest diront qu’il n’y a pas de « vraies vagues », et ils n’auront que partiellement tort. Ce grand lac ne peut recevoir la houle de l’extérieur, mais il crée la sienne localement, le vent se charge de finir le travail, or entre Mistral, Sirocco, ou Meltem, on connaît les caprices de cette mer et la violence des alizés qui s’y déchaînent.

70 cm de fond, des sections rapides et tubulaires, seul hic : le monde, comme ce samedi à Cannes. Crédit photo : Flo

70 cm de fond, des sections rapides et tubulaires, seul hic : le monde, comme ce samedi à Cannes. Crédit photo : Flo

Le fond, qui se redresse souvent très proche des côtes et brutalement, permet au swell (la houle, les vagues au large en formation) qui le frappe, de se cabrer et de former des séries pouvant atteindre 1 mètre 50 à 2 mètres (pour les sessions historiques), rapides,  puissantes et bien creuses voire tubulaires sur certaines sections. Pas de quoi se caler dans le tube de votre vie, mais une bonne casquette juste au-dessus de la tête est possible, avec un bémol cependant : le fond est tout proche. Ce qui fera la joie du petit Kévin, photographe amateur sur la plage à 50 mètres de vous, ne fera peut-être pas le bonheur de vos ailerons. Ces turpitudes mises à part, le bain est à 17 degrés fin octobre, et en Méditerranée, on ne sait où donner de la tête, des yeux, ou du ventre entre les montagnes, la gastronomie, la culture, et les femmes méditerranéennes.

L’épineuse question du coût

Même hors-saison, il va falloir faire chauffer la carte bleue, notamment pour les logements souvent hors de prix, sans parler du coût de la vie, dans une ville comme Cannes où il est presque plus difficile d’acheter une courgette qu’une Rolex. Côté destination justement, on vous conseille Barcelone pour les houles d’Est (mais attention au monde), puis la Côte d’Azur – houles de Sud– en remontant direction les îles de Lérins ou le spot de La Tour (Golfe Juan), et pourquoi pas pousser à la frontière italienne au spot de Ventimille, ou à La Falaise, au nord de la botte. Mais surtout il faut découvrir par soi-même, discuter, chercher, pour découvrir les spots secrets dont regorge Mare Nostrum.  Un hiver agité, des conditions compliquées, et de gros coups de mer qui ont fait de beaux cadeaux cet hiver en Méditerranée, le magazine Surf session vous résume tout ça.

Alex Gouty