La Russie menace le Danemark

L’ambassadeur de Russie au Danemark a averti, le 20 mars dernier, que les navires de guerre danois s’exposaient à des représailles si le pays scandinave rejoignait le système de défense antimissile de l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN).

 « Si cela se produit, les navires de guerre danois seront des cibles pour les missiles nucléaires russes », a déclaré l’ambassadeur Mikhail Vanin dans une interview du 20 mars au quotidien danois Jyllands-Pollen.

 Pour lui, les Danois ne comprennent pas les conséquences du ralliement au système antimissile.

« Le Danemark participera alors à la menace contre la Russie (…) et ses relations avec la Russie en pâtiront », a ajouté l’ambassadeur. Cette déclaration intervient quelques jours après que Vladimir Poutine a révélé dans un documentaire, diffusé le 15 mars dernier, que l’option nucléaire avait été envisagée en cas d’intervention de l’OTAN en Crimée. « Nous étions prêts à le faire », a affirmé le président russe dans le documentaire, diffusé sur la chaîne de télévision Rossiya 1.

 Le Danemark, un pays stratégique

 Le ministre des affaires étrangères danois a qualifié ces menaces d’« inacceptables ». « La Russie sait parfaitement que la défense antimissile de l’Otan n’est pas dirigée contre elle », a-t-il déclaré. Selon le Jyllands-Pollen, il n’y aura pas de missile antimissile au Danemark, sauf peut-être au Groenland.

 Le Groenland ne fait de toute façon pas l’affaire de la Russie : la fonte des glaces permet la création de nouvelles routes maritimes. Cela va aussi permettre l’exploitation des matières premières (diamant, gaz, pétrole, uranium, fer). Le 20 décembre 2001, la Russie a déposé une demande à l’Organisation des Nations Unis (ONU) pour étendre son territoire sur une partie du pôle Nord. Elle est même allée jusqu’à planter un drapeau au fond de l’océan (le Danemark, la Norvège, les États-Unis, l’Islande et le Canada ont aussi fait des revendications territoriales).

 

 

Par sa position géographique, le Danemark verrouille la mer Baltique. Les navires de commerce la traversent pour aller à Saint-Pétersbourg. Il y aussi l’enclave russe Kaliningrad dans laquelle est abritée une partie de la flotte de la Baltique.

Le système antimissile, c’est quoi ?

Quand et pourquoi ? La décision de créer un système antimissile sous la direction de l’OTAN s’est faite au sommet de Lisbonne, en novembre 2010, pour se protéger des menaces que faisait peser l’Iran à l’époque. Le but est de protéger les populations et le territoire des pays membres.

Comment ça marche ? Après la détection des missiles balistiques ennemis par des satellites, ils sont suivi par des radars (situés en Grande Bretagne, en Norvège et en République tchèque). Les pays de l’OTAN sont alors en mesure de les intercepter, en abattant la fusée grâce à un missile provenant de pays (Pologne et Roumanie), ou bien de frégates (mer Noire et mer Méditerranée).

Qui est concerné ? Vingt-huit pays font partie de l’OTAN, dont une large majorité de pays européens. François Hollande a donné son feu vert après la conférence de Chicago en 2012.

Pourquoi cela crée-t-il des tensions avec la Russie ? La Russie pense que cela renforce l’hégémonie des USA sur le continent européen, et donc qu’elle perd son influence sur cette zone. Elle suspecte aussi que les radars d’interception ne servent en réalité à l’espionner.

Guillaume Soudat