La Wilhelmstrasse: les derniers instants du nazisme

Il y a 70 ans, l’appel à l’arrêt des combats – signé par l’armée allemande à Reims le 7 mai – prenait effet, et l’Armée rouge était dans Berlin pour mettre un terme au régime d’Adolf Hitler. C’est le long de la Wilhelmstrasse que se sont déroulés les derniers combats de 1945.

A seulement quelques pas de la fameuse porte de Brandebourg et s’étendant sur 4,5 kilomètres, la Wilhelmstrasse est le « quai d’Orsay » de l’Allemagne fédérale d’aujourd’hui. Ministère de l’agriculture, du travail, des finances… Les grandes administrations du pays, sans parler des ambassades, se succèdent dans ce quartier quelque peu froid de la capitale. En effet, si comme dans tout quartier diplomatique l’ambiance est calme, elle est ici pesante. A vrai dire, Wilhelmstrasse a un passé qui lui colle à la peau, puisque ce fut aussi le quartier des administrations nazies de 1933 à 1945. Nous connaissons la fin de cette histoire avec l’arrivée des chars russes sur Berlin et le suicide du chancelier Adolf Hitler dans son bunker. Les bâtiments longeant la Wilhelmstrasse ont donc vu s’écrouler les piliers du régime nazi et ont été le théâtre de nombreux bombardements. Un héritage qui ne laisse pas indifférent : des plaques sont apposées devant les bâtiments reconstruits pour rappeler leur passé peu glorieux. Cette grande rue s’achève avec comme point final la bien nommée « Topography des Terrors », littéralement « Topographie de la Terreur », une dénomination explicite pour ce qui fut le cœur du pouvoir nazi. De par ses fonctions passées, la Wilhelmstrasse a perdu son nom sous la RDA et fut renommée la Otto-Grotewohl Strasse, du nom de l’homme d’Etat qui fut président du Conseil des ministres. Une fois le mur de Berlin mis à terre, la rue retrouva son nom et le gouvernement décida d’y localiser à nouveau des organes du pouvoir fédéral. En plein centre-ville, la Wilhelmstrasse est le reflet d’un Berlin coincé entre deux époques.

Skander Farza

Publicités