Un Festival trop médiatisé pour Catherine Deneuve

L’actrice aux 58 années de carrière revient sur sa nostalgie de l’ancien Cannes.

C’est Catherine Deneuve qui le dit : Cannes, c’était mieux avant. Depuis la Palme d’or remportée par Les Parapluies de Cherbourg (1964), premier film présenté à Cannes en tant qu’actrice, elle a régulièrement foulé le tapis rouge. La Croisette se souvient de Ma saison préférée (1993) en compétition officielle, Dancer in the dark (2000) qui obtient la Palme d’or ou encore Le sauvage (1975) présenté en 2011 dans la section Cannes Classics. Mais de tous ses passages à Cannes, celle qui a été vice-présidente du jury en 1994 ne retient pas que les paillettes ou les récompenses. Invitée de l’émission C à vous fin mai 2014, elle confiait sa nostalgie, un sentiment qui l’envahit lorsqu’elle assiste au Festival de Cannes.

Catherine Deneuve lors du photocall de La tête haute. Nostalgique ou pas, l’actrice reste la star du Festival. (Crédit photo : LP / Frédéric Dugit)

Catherine Deneuve lors du photocall de La tête haute. Nostalgique ou pas, l’actrice reste la star du Festival. (Crédit photo : LP / Frédéric Dugit)

« Les vraies vedettes de Cannes sont devenues les télévisions »

L’actrice déplore de nombreux changements qui ont fait perdre son charme au Festival. Elle regrette notamment que la montée des marches ne se fasse plus exclusivement la nuit. Pour Catherine Deneuve, la faute en revient aux médias. « Ça a perdu énormément de mystère. Pour moi, le symbole de la médiatisation du Festival, c’est que l’image soit abîmée à cause des télévisions, du journal de 20h, que tout soit exposé en plein jour. […] Et c’est pareil pour la montée des marches. Les vraies vedettes de Cannes sont devenues les télévisions », confiait-elle déjà aux Inrocks en 1997. Une quinzaine d’années plus tard, cela a empiré. « C’est la télévision maintenant qui a la mainmise sur toute l’image de Cannes. L’image de Cannes […] a pris une place déraisonnable. » Nostalgique, l’actrice continue néanmoins à présenter des films, dont La Tête haute, hors-compétition.

Lauriane Sandrini