Emmanuelle Bercot, femme fidèle

Deuxième réalisatrice et première Française à ouvrir le Festival de Cannes avec La Tête haute.

Le monde cinématographique d’Emmanuelle Bercot tourne autour des adolescents. Son premier court-métrage, présenté au concours de l’école de cinéma Fémis, laisse déjà entrevoir son sujet de prédilection : la jeunesse. Les Vacances (1997) va obtenir le prix du jury au Festival de Cannes. La Puce (1998) raconte le dépucelage d’une adolescente par un homme mûr ; Clément (2001) met en scène une trentenaire, jouée par Emmanuelle Bercot, transie d’amour pour un jeune homme de 13 ans. Ce film sera présenté au Festival de Cannes dans la section Un certain regard. La cinéaste mise une nouvelle fois sur le thème de l’adolescence avec Backstage (2005) et Mes chères études (2009). Cette fidélité la mène à réaliser La Tête haute, actuellement en compétition dans la sélection officielle.

Emmanuelle Bercot et Catherine Deneuve lors du photocall de La Tête haute au Festival de Cannes. (Crédit photo : Andreas Rentz/Getty Images)

Emmanuelle Bercot et Catherine Deneuve lors du photocall de La Tête haute au Festival de Cannes. (Crédit photo : Andreas Rentz/Getty Images)

« Le désir pour une actrice, c’est comme le désir amoureux : quelque chose de viscéral, d’impalpable. »

Emmanuelle Bercot n’est pas fidèle qu’envers le thème de ses films. Elle l’est également envers ses actrices. Ses réalisations ont permis de révéler Isild Le Besco, devenue une actrice fétiche de la cinéaste. Elle a en effet tourné dans cinq de ses films. Le Besco retrouve également Emmanuelle Bercot à l’affiche de Mon Roi de Maïwenn, en compétition officielle au Festival. Maïwenn avec qui elle a écrit Polisse (2011), nominé au César du meilleur scénario original. En 2013, Emmanuelle Bercot réalise Elle s’en va, avec Catherine Deneuve. La cinéaste avoue à L’Express que ce film a été écrit pour l’actrice. « Le désir pour une actrice, c’est comme le désir amoureux: quelque chose de viscéral, d’impalpable. », confie-t-elle. L’amour entre les deux femmes s’est poursuivi jusqu’à La Tête haute, nouveau long-métrage de la cinéaste.

Lauriane Sandrini