Benicio del Toro, le terrifiant

L’acteur aux mille visages présente cette année trois films à Cannes. Trois rôles fidèles à sa filmographie. Déroutants et torturés

Del Toro, l’éloge du monstre. (Crédit dessin : Cédric Ragnolo)

Del Toro, l’éloge du monstre. (Crédit dessin : Cédric Ragnolo)

Fou, meurtrier ou flic aliéné, Benicio del Toro sait tout jouer. L’acteur portoricain a un don pour incarner les bad boys sombres et névrosés. En 2001, il interprète Javier Rodriguez dans Traffic, un policier mexicain empêtré dans le trafic de drogue. Ce film lui vaudra l’Oscar du meilleur acteur pour un second rôle. Plus tard dans Sin City (2005), il renfile la veste de flic et devient Jacky Boy, alcoolique, malsain et violent. Drogué paumé dans Nos souvenirs brûlés (2007), avocat junkie dans Las Vegas Parano (1998) ou repenti dans 21 Grammes (2004), del Toro aime flirter avec le danger.

« Il incarne le mal dans ce qu’il a de plus fascinant »

Benicio del Toro, c’est le genre d’acteur qui ne fait qu’un avec son personnage. Les critiques élogieuses à son sujet ne se comptent plus. Comme l’écrit si bien un journaliste de Paris Match, ce mec sait « incarner le mal dans ce qu’il a de plus fascinant ». Dans Savages (2012), il interprète Lado, bras armé d’un cartel de drogue. L’apogée de ce terrifiant talent vient avec Paradise Lost (2014). Dans ce film réalisé par Andrea Di Stefano, il incarne Pablo Escobar, le célèbre trafiquant colombien qui a fait fortune dans… la drogue. Pour ne pas changer.

Del Toro enchaine ces rôles toxiques et proprement terrifiants. Mais pourquoi ? Certains clament que c’est en raison de son talent, propre à ce genre de personnages. D’autres encore expliquent que ses cernes lui donnent ce je-ne-sais-quoi un rien psychopathe. En tout cas, quelle que soit l’explication, Benicio est on ne peut plus clair : « I have dark circles under my eyes, deal with it ».*

Lauriane Sandrini

*j’ai des cernes sous les yeux, que ça vous plaise ou non.