Cassel, un passé sulfureux

Entre son altercation avec Mathieu Kassovitz en 2008 et le malaise provoqué par Irréversible en 2002, les dernières visites de Vincent Cassel à Cannes n’ont pas été très heureuses.

Malgré son parcours cinématographique bien fourni, Vincent Cassel est loin d’être le français le plus habitué du tapis rouge. Il doit sa première apparition à Cannes à Mathieu Kassovitz et à son film La Haine, qui remporte le prix de la mise en scène en 1995. Depuis, les relations entre les deux hommes se sont détériorées, suite à une altercation à Cannes en 2008. Et si Vincent Cassel était trop sulfureux, trop mauvais garçon pour le Festival du film ? Lorsqu’il revient à Cannes en 2002 pour présenter Irréversible avec Gaspar Noé, le film fait un tollé rare. D’une violence sourde, malsaine mais réaliste, le thriller provoque un véritable malaise, et repart les mains vides du Festival. Les spectateurs crient au scandale. Certains doivent être secourus par les pompiers, quand d’autres sortent de la salle avec une seule idée en tête : en découdre avec Gaspard Noé, le réalisateur.

Vincent Cassel et Monica Bellucci à Cannes en 2002, pour la présentation d'Irréversible (crédit photo : Reuters)

Vincent Cassel et Monica Bellucci à Cannes en 2002, pour la présentation d’Irréversible (crédit photo : Reuters)

La rédemption attendra

Il faudra attendre le début de sa carrière internationale et Ocean’s Twelve pour voir Cassel être de nouveau sollicité par le Festival de Cannes, qui lui offre le costume de maitre de cérémonie en 2006. Depuis, l’acteur français n’a jamais regagné le devant de la scène sur la Croisette, malgré un passage en 2008 pour présenter Mesrine, l’instinct de mort. Pourtant personnellement récompensé par un César et par le Festival de Tokyo pour son interprétation dans ce film autobiographique, Cassel est mis sur la touche par le jury cannois. Cette année, bien qu’à l’affiche de deux films en sélection officielle, Vincent Cassel est de nouveau reparti les mains vides. The Tale of Tales, esthétique mais vain, n’a pas séduit la critique. Mon Roi, de Maiween, aurait pu sacrer l’acteur français, mais c’était sans compter sur la prestation éblouissante de Vincent Lindon, qui remporte finalement le prix d’interprétation masculine.

Antonin Deslandes