Gérard Depardieu, entre succès et excès

L’acteur aux 50 ans de carrière revient sur sa nostalgie de l’ancien Cannes.

Gérard Depardieu débarque à Cannes pour présenter Valley of Love, actuellement en compétition. Jean-Claude dans Les Valseuses(1974), Obélix dans les films Astérix  (1999 – 2012), l’acteur revient sur la Croisette tel un éléphant dans un magasin de porcelaine. Elle est loin l’époque où, président du jury du Festival, il déboulait à l’aube dans la cuisine de l’hôtel Majestic pour réclamer son petit-déjeuner « tricolore », un verre de rosé, un verre de blanc, un verre de rouge. Aujourd’hui, Cannes, ce n’est plus ce que c’était. L’acteur a confié lors d’une interview accordée au magazine Télérama qu’il était « fatigué de tant de bêtises ». Celui qui arpentait la Croisette bien avant d’être acteur se souvient, blasé : « Ce n’était pas une époque médiocre comme aujourd’hui, une époque dont on ne parlera même plus dans cent ans. C’était avant le triomphe et l’omniprésence de la télé à Cannes, des yachts, des fausses fêtes, des mauvaises drogues et du règne de joailliers sponsors au bout du rouleau ».

Gérard Depardieu a-t-il vraiment tort ? Le Festival est devenu lisse, aseptisé. Le protocole est poussé à l’extrême. Thierry Frémaux, délégué général du Festival, bannit les selfies ; les femmes ne peuvent pas monter les marches sans talons hauts… Il doit bien se marrer le Gégé. Ce qui est ici appelé excès, ne correspond pas vraiment à la définition qu’en a l’acteur. Comme l’a si bien dit Carole bouquet, « lorsqu’il entre dans une pièce, c’est la vie qui entre avec lui. » Et pour cause. Pisser dans une bouteille – et sur le sol – en plein vol, tuer puis manger du lion… Derrière l’homme de talent se cache l’ogre aux mille excès.

Aujourd’hui, les écarts de Gérard Depardieu sont critiqués. Mais malgré tout, il reste un monstre du cinéma. Il le démontre une nouvelle fois avec sa performance époustouflante dans Valley of Love.

Quand Gégé débarque à Cannes, la Croisette en ressent les effets. (Crédit dessin : Cédric Ragnolo)

Quand Gégé débarque à Cannes, la Croisette en ressent les effets. (Crédit dessin : Cédric Ragnolo)

 Lauriane Sandrini