L’homme à tout faire

Avec près de 80 films au compteur en tant qu’acteur et 6 en tant que réalisateur, John Turturro était l’un des vieux briscards de ce 68ème Festival de Cannes. Portrait du chouchou de Spike Lee et des frères Coen.

80 collaborations en 35 ans de carrière, allant des séries télévisées comme Monk aux gros blockbusters américains, en passant par des films indépendants. Une filmographie impressionnante pour John Turturro, qui était à Cannes pour Mia Madre. L’acteur américain est un habitué du Festival du film. Il y rafle le prix d’interprétation masculine pour le brillant écrivain torturé qu’il incarne dans Barton Fink (1991), et remporte la Caméra d’Or un an plus tard pour Mac, son premier long métrage. En 1998, Illuminata, sa seconde réalisation, concourt pour la palme d’or aux côtés d’Aprile, de Nanni Moretti, mais ne reçoit aucun prix.

L’acteur fétiche

John Turturro dans son plus grand rôle : Barton Fink sous la direction des frères Coen (crédit photo : DR)

John Turturro dans son plus grand rôle : Barton Fink sous la direction des frères Coen (crédit photo : DR)

John Turturro doit cette notoriété dans le monde du cinéma en grande partie à trois réalisateurs : Spike Lee et les frères Coen, qui font de Turturro une des figures de leur liste d’anti-héros. Après Miller’s Crossing en 1990, John Turturro est, un an plus tard, une des clés du succès de Barton Fink qui remporte la Palme d’Or et le prix de la meilleure réalisation. Dès lors, les trois hommes renforcent leur collaboration. Turturro officie dans The Big Lebowski (1998) et dans O’Brother (2000), présenté en sélection officielle au Festival de Cannes. Si l’acteur américain a toujours préféré jouer dans des seconds rôles, les années 2000 marquent un léger tournant. Turturro se voit confier le rôle principal dans Inside Job (2003) de Nicolas Winding Refn, puis donne la réplique à Johnny Depp dans Fenêtre Secrète (2004). Avec Mia Madre, Turturro était, pour une fois, sur le devant de la scène.

Antonin Deslandes