Une tradition qui perdure

Derrière une porte en verre assez discrète du centre-ville, se cache l’un des plus vieux salons de coiffure/barbier pour homme de Grasse : Enzo Coiffure. Carrelage en marbre, lambris, fauteuils en cuir, portraits de stars en noir et blanc, bienvenue dans l’univers authentique d’un barbershop des seventies.

Sur la gauche, une vitrine rectangulaire retrace l’évolution de la profession à travers les différentes tondeuses et lames de rasoir d’antan qui sont exposées. Fondé le 1er octobre 1970 par Francis Pellegrin, le salon est aujourd’hui un lieu incontournable de la ville. Repris en 1982 par Antonino Valenti, c’est son fils, Vincenzo, qui est actuellement aux commandes de l’affaire familiale. Un savoir faire et une technique transmise de père en fils. « Mon père m’a tout appris. J’ai commencé à venir au salon à 12 ans pour me familiariser avec le matériel. Au début, je m’entraînais à raser sur un ballon de baudruche. L’éclater revenait à couper le client ». Aujourd’hui, la technique est parfaitement assimilée. Barbe courte, longue, de trois jours, le fameux bouc ou encore la barbiche… tout est au menu et permet de satisfaire une clientèle très large.

Certains clients viennent de Nice et n’hésitent pas à se rendre régulièrement au salon. (Crédit photo : Tom Ferrero)

Certains clients viennent de Nice et n’hésitent pas à se rendre régulièrement au salon. (Crédit photo : Tom Ferrero)

Une ambiance  conviviale se dégage du  salon. Les passants s’arrêtent régulièrement devant la vitrine et saluent le propriétaire. Ici, on est avant tout un bon ami avant d’être un client. « Je me décris comme un coiffeur de quartier et de proximité. Le contact humain est primordial. Le plus important, c’est d’avoir la reconnaissance des habitants de ta ville. Le client n’est pas qu’un chiffre, c’est avant tout une personne avec qui on échange ». Dans un contexte économique difficile, Vincenzo se singularise également par son optimisme quant à l’avenir de sa ville. « Ce sont nous, les commerçants, qui devons valoriser Grasse et véhiculer une image attractive pour les habitants et les touristes. Il ne faut pas être pessimiste. Je suis persuadé que ça va aller de mieux en mieux ».

Plusieurs décennies d’existence alliées à un savoir faire atypique n’en font pas moins un homme humble. « C’est un monument de modestie et un grand professionnel », confie un habitant. Une déclaration qui témoigne de l’attachement des Grassois pour un salon qui traverse les décennies…

Sacha Zylinski

Tom Ferrero

Article publié Publié dans Nice-Matin Grasse