D.Brailsford : « Le plus grand rival de Froome ? Lui-même »

Sur le parking de l’hôtel Mercure à Lisieux, où l’équipe Sky a investi sa logistique impressionnante après l’arrivée de la 6e étape du Tour, le boss de la team britannique, Dave Brailsford, rentre de son tour de vélo. L’occasion pour lui de faire un point sur la bonne première semaine de ses troupes. 

On vous imagine satisfait après ces premières étapes ? 

Pour l’instant ça se passe bien. Tout le monde savait qu’avec cette première semaine exigeante, ça allait être nerveux. Ça ressemblait beaucoup à plusieurs courses d’une journée, plutôt qu’à une seule par étapes, mais jusqu’à maintenant, ça se passe bien pour nous. Chris Froome a très bien monté le Mur de Huy, puis les pavés que l’on craignait tous n’ont pas été si cruels, grâce au vent. Mais les éléments ont rendu le peloton très nerveux. La 5e étape (NDLR : Celle qui a vu Nacer Bouhanni abandonner) était certainement la plus difficile du Tour. Tout le monde roulait à bloc, et au lieu de dire « on roule tous à 36 km/h », certains ont roulé à 42, puis 45, derrière tout le monde essayait de suivre, c’était très stressant.

On vous voit faire du vélo… comme un certain Mr Tinkov. Quelles sont vos relations avec lui ?

On était ensemble aujourd’hui, je l’aime beaucoup. Si tout va bien, on va essayer de faire du vélo ensemble la semaine prochaine.

Froome est-il plus fort que ses principaux concurrents ?

Sur le Giro, Richie Porte – alors leader de l’équipe – dormait dans une caravane, et non à l’hôtel, pour ne pas avoir à changer de cadre le soir, vous comprenez qu’il y ait eu une polémique ?

Il faut savoir qu’on pense toujours aux coureurs d’abord. Beaucoup d’études sur le sport sont réalisées et montrent comment récupérer le mieux après une étape. Ce qui est clair, c’est que si la nourriture et l’hydratation sont importants, bien dormir l’est encore plus. Dans les hôtels on ne contrôle pas tout, on ne peut pas contrôler la qualité des lits au préalable par exemple. Avec deux coureurs par chambre, ils ne dorment pas pareil que s’ils étaient tout seul. Puis il faut faire et défaire la valise chaque soir, tout ça prend du temps et de l’énergie. L’an dernier on a passé 22h dans notre bus pour aller et revenir de l’hôtel… Dans l’avenir, on pense à avoir toute l’équipe mobile. Avoir comme un paddock à l’instar de la F1. Aujourd’hui, c’est difficile pour les fans de venir voir les coureurs. Il n’y a pas d’accueil pour eux dans les hôtels. Avec un paddock, on pourrait accueillir des invités, des partenaires, des sponsors et même des créneaux autographes avec Chris par exemple. Ce serait moderne.

Propos recueillis par Jérémy Satis, Elie Julien