Le prix Nobel de la paix se dessine

Le lauréat du prix Nobel de la paix sera annoncé demain à 11 h. Une distinction qui fait bande à part.

Synonyme de prestige, les prix Nobel sont pour beaucoup un des titres les plus honorifiques qu’une personnalité peut se voir remettre. Leur histoire est bien connue de tous. Né de l’idée d’Alfred Nobel, ce dernier lance la première édition du prix Nobel en 1901 avec l’argent qu’il a amassé grâce à son invention : la dynamite. Des médailles qui ont depuis gravé dans le marbre des noms comme ceux de Marie Curie ou d’Albert Einstein.

Mais si les scientifiques ont souvent la part belle, ce serait oublier que la paix a aussi droit à son Nobel. En comparaison des cinq autres prix (chimie, physique, médecine, littérature et économie depuis 1968), le prix Nobel de la paix fait figure d’ovni. Différent par sa nature, il ne célèbre pas une carrière aboutie mais encourage plutôt son lauréat à agir dans la même direction. De la même manière, il ne se focalise pas non plus sur un travail ou une recherche en particulier mais se penche sur l’ensemble de la carrière.

Autre particularité, il n’est pas remis par les institutions suédoises mais norvégiennes. Une singularité qui trouve son origine dans l’histoire des deux pays. A l’époque de la création des prix Nobel, la Suède et la Norvège relevaient de la même souveraineté jusqu’à leur rupture en 1905, suite à quoi il fut décidé de laisser Oslo, la capitale norvégienne, décerner le prix de la paix. Pour l’anecdote, ce seraient les remords d’Alfred Nobel, en pensant aux morts causés par son invention qui l’auraient motivé à créer ce prix.

Suspens et favoris

L’année dernière, c’est Malala Yousafzi qui a partagé le prix avec l’Indien Kailash Satyarthi. La Pakistanaise est devenue à 17 ans la plus jeune lauréate du prix pour son engagement en faveur de l’éducation des enfants.

Pour lui succéder, ils sont 273 selon le site officiel du Nobel. Une longue liste qui compte quelques favoris allant d’Angela Merkel à Edward Snowden en passant par le pape François. Une liste qui restera secrète pendant 50 ans, protocole oblige, mais qui n’empêche pas les spéculations de fleurir ici et là, allant jusqu’à imaginer Vladimir Poutine, le président russe, lauréat.

Certains s’amusent à imaginer le président russe Vladimir Poutine dans la peau du futur lauréat. (Crédit : Dessin de Bleibel)

Certains s’amusent à imaginer le président russe Vladimir Poutine dans la peau du futur lauréat. (Crédit : Dessin de Bleibel)

Il faut avouer que l’année fut bien remplie d’évènements qui pourraient concourir au prix. La défense de la liberté d’expression depuis les attentats de janvier à Paris, la crise migratoire de cet été ou encore la réconciliation entre gouvernement colombien et forces Farc. Autant de dates marquantes qui ne laisseront sans doute pas indifférent le comité décisionnaire norvégien qui tranchera la question demain matin.

Retrouvez notre correspondante à Oslo qui nous présente les favoris de cette édition 2015 du Nobel de la paix…

Skander Farza

Eloïsa Patricio