Plaisance de luxe : l’environnement est-il respecté ?

Destiné aux professionnels et ouvert au grand public, le Yachting Festival s’est ancré dans la baie de Cannes du 8 au 13 septembre. Si les bateaux luxueux se sont pavanés devant les visiteurs, qu’en est-il des enjeux écologiques ?

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Yachting Cannes. Au Festival du yachting, des sorties en mer étaient organisées pour convaincre les potentiels acheteurs. Crédit photo : Sophie Lafranche.

En plein mois de septembre à Cannes, sur le Vieux-Port. Le Festival dédié au yachting bat son plein. Baigné par le soleil de fin d’été, le port de Cannes expose à la vue de tous les plus beaux yachts de constructeurs internationaux. Mis en place depuis 1977, le Festival ouvre à chaque fois ses portes à 50 000 spectateurs. Cette année, pour les 550 bateaux exposés à flot et à terre, tout est détaillé : constructeur, mesures, intérieur, prix… Mais une question reste sans réponse : celle de l’impact sur l’environnement.

L’environnement prend de plus en plus de place dans le débat public, et il était temps. Pourtant, à l’approche de la COP 21, un univers semble épargné par la restructuration de sa consommation : le luxe.

Si 12 % de la pollution des océans est à mettre sur le compte des navires selon Greenpeace, les yachts font figure de bons élèves. Selon une étude menée par la Fédération Nationale des Syndicats Maritimes (FNSM), l’impact des activités nautiques sur la pollution marine n’est pas inexistant mais il est très faible : moins de 5 %. « Et les normes sont drastiques », confirme Benoit Ribeil, responsable de l’environnement à la FNSM.

Au Yachting Festival, moins d’une dizaine de stands sur les 400 exposants mettent en avant un engagement pour l’écologie. Et la première raison est pointée par Benoit Ribeil : « Je ne pense pas que l’impact sur l’environnement soit une condition qui a aujourd’hui sa place dans les critères d’achat des clients ».

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Après un passage à vide dans la plaisance, la croissance du marché européen pourrait connaitre une nouvelle hausse cette année. Crédit photo : Sophie Lafranche.

« Vider ses cuves au large ne coûte rien »

Véronique Archangéli, représentante de la société de nettoyage pour les yachts Riviera Servizi Ecologici, pointe à l’inverse le coût de l’entretien d’un yacht comme frein à un comportement respectueux de l’écologie :

Qu’il soit à voile ou à moteur, un yacht pollue durant tout son cycle de vie, de sa conception à sa destruction. Il est également nécessaire d’embarquer un générateur diesel, mais des alternatives devraient apparaitre sur le marché : « Il faut trouver les moyens de production d’énergie qui soient les plus respectueux de l’environnement. Récemment une entreprise a développé un système où lorsque le bateau avance, une hélice sous-marine tourne et produit de l’électricité. Ainsi les générateurs électriques qui fonctionnent au diesel ne sont plus nécessaires. »

L’évolution des mentalités dans la plaisance de luxe reste lente. Il serait bienvenu qu’une loi interdise aux bateaux (tous gabarits confondus) de quitter un port sans avoir vidé ses cuves d’eaux usées. Une mesure qui éviterait une partie importante des rejets en mer.

Sophie Lafranche
Lucile Moy