Divertir après les attentats

Un enjeu pour toutes les matinales radios ce lundi 16 novembre à 6 h : commencer une nouvelle semaine à peine trois jours après les attentats de Paris et accompagner les auditeurs dans leur reprise du quotidien. Informer sans oublier de faire rire.

Tandis que de nombreuses chaînes de télévision ont choisi d’annuler leurs programmes de divertissement, quasiment toutes les radios, qu’elles soient généralistes ou musicales, ont maintenu leurs matinales.

Le premier réflexe de beaucoup de Français au réveil : allumer la radio. Pour de nombreux auditeurs l’équipe de la matinale est une famille. Ecouter Thomas Sotto, Julie et Laurent Cabrol sur Europe 1 ou Camille Combal, Laure et Clément sur Virgin Radio leur assure de commencer la journée du bon pied. Dans des moments comme ceux que l’on vit actuellement, leur rôle est primordial. Il s’agit d’informer bien sûr, mais surtout d’accompagner, d’entourer les auditeurs, et savoir les faire rire.

Quelques réactions d’animateurs de matinales sur Twitter :

Camille Combal, animateur du morning de Virgin Radio :

Manu Lévy, animateur du morning de NRJ :

Bruno Guillon, animateur du morning de Fun Radio :

Stéphanie Loire, animatrice du morning de Cherie FM :

Les humoristes tentent d’égayer une matinée difficile

L’humour dans ces moments-là, c’est compliqué, mais c’est indispensable.

Sur Europe 1, Nicolas Canteloup a particulièrement réussi cet exercice difficile, en imitant Guy Carlier qui revient sur les attentats. Charline Vanhoenacker s’adresse sur France Inter à ceux qui « se masturbent avec leur kalachnikov » : « Si vous n’aimez pas le sexe, l’alcool et la musique, n’en dégoûtez pas les autres. »

Du côté des radios musicales, les animateurs ont su assumer leur rôle en continuant les jeux et séquences habituels, toutefois teintés d’émotion.

Sur NRJ, Manu Levy a commencé sa matinale avec des mots simples, en s’adressant à ses auditeurs, sans leur cacher qu’il était lui-même un peu perdu. Le tout en exprimant une volonté : passer un bon moment.

« Oui on est là, avec vous. C’est une émission qui sera difficile à faire et à vivre aujourd’hui, mais nous on a la chance de pouvoir la vivre cette journée. Jusqu’à hier soir très tard je me suis demandé ce qu’on allait faire, j’ai commencé à écrire des trucs… c’était merdique et puis j’ai pensé à ce que je ressentais : j’ai envie qu’on se fasse du bien. »

Même son de cloche sur Fun Radio, où Bruno Guillon proposait aux auditeurs de passer les « morceaux qui leur font du bien quoi qu’il arrive », il est également revenu sur le soutien de l’étranger pour Paris. Au cours de l’émission, des réactions en direct d’auditeurs français de Nouvelle-Zélande ou du Japon ont été diffusées.

Les matinales radios ont su faire rire, les présentateurs ont su remonter le moral de leurs auditeurs, sans franchir pour autant les limites qu’imposent les événements de vendredi soir.

Emilie Unternehr

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