Le petit manuel de la NBA 2/3# : la draft et le salary cap

La course aux playoffs était le sujet de la semaine dernière. Cette fois, honneur à l’autre championnat : la ruée vers le first pick.

Sur les 30 franchises NBA, seules 16 sont qualifiées pour les playoffs. Que deviennent les autres ? Il n’y a pas de système de relégation comme on peut le connaître par exemple dans les championnats de football européens. Les équipes les plus faibles restent en NBA. Elles sont même aidées par la ligue via le système de draft. Chaque année, les équipes ont le droit de choisir un jeune joueur (le plus souvent issu de la NCAA, le championnat universitaire) pour renforcer leur équipe. Chaque franchise possède deux choix (deux picks) dit du premier et du second tour. Il y a donc 60 picks en tout. Les choix sont ensuite attribués au hasard, selon un système de loterie. Plus une équipe était faible l’année d’avant, plus elle a de chances d’obtenir un pick haut placé.

Le tableau de probabilité  (en %) pour la draft 2015. Les Minnesota Timberwolves, par exemple, sont assurés d'obtenir l'un des 4 premiers choix et ont plus d'une chance sur 4 de choisir en premier (crédit photo : basketusa.com)

Le tableau de probabilité  (en %) pour la draft 2015. Les Minnesota Timberwolves, par exemple, sont assurés d’obtenir l’un des 4 premiers choix et ont plus d’une chance sur 4 de choisir en premier (crédit photo : basketusa.com)

Un système pervers

La draft est de plus en plus controversée et Adam Silver, le commissaire de la NBA, travaille sur une réforme du système. La raison est simple : la draft encourage le tanking (perdre énormément de matchs pour avoir le meilleur choix possible). Pas vraiment ce que l’on attend de l’esprit sportif.

Une telle stratégie est compréhensible. Un petit marché comme les Philadelphie Sixers n’a que peu de chances de recruter un gros joueur (malgré le salary cap qui sera abordé plus loin dans l’article). Les dirigeants font donc le choix de tanker, parfois pendant plusieurs années. Le but est de récupérer via la draft un joueur suffisamment bon pour mener son équipe vers les sommets.

A l'ouverture de la saison 2014-2015, les Cleveland Cavaliers avaient dans leur rang 4 premiers choix de draft, : Kyrie Irving (#2), Lebron James (#6), Andrew Wiggins (#21) et Anthony Bennet (#15)

A l’ouverture de la saison 2014-2015, les Cleveland Cavaliers avaient dans leur rang 4 premiers choix de draft, : Kyrie Irving (#2), Lebron James (#6), Andrew Wiggins (#21) et Anthony Bennet (#15)

Mais le tanking n’est pas une science exacte. Un énorme travail d’observation, de scouting, est réalisé par les équipes. Les jeunes joueurs sont observés toute l’année. Leur jeu est décortiqué et leurs forces, aussi bien que leurs faiblesses, sont exposées dans des vidéos. Cela n’empêche pas les busts (les déceptions).

La draft est un événement. Sa retransmission télévisée a rassemblé plus de 5 millions de personnes cette année. Les chaînes de télévision savent que diffuser des événements liés à la NBA est l’assurance d’attirer de nombreux téléspectateurs. Un nouveau contrat vient d’ailleurs d’être signé entre ESPN, ABC, TNT et la NBA. Les trois chaînes verseront 19 milliards de dollars à la NBA sur les neuf prochaines années pour diffuser ses matchs. Cette signature aura une conséquence majeure : l’augmentation du salary cap.

Un système équitable

Le salary cap est une manière d’avorter une domination sans partage d’une équipe sur la NBA en limitant la masse salariale des franchises. La ligue a créé ce cap en 1984. Le but était d’empêcher un gros marché comme les Los Angeles Lakers d’attirer tous les bons joueurs en utilisant leur puissance financière. Jusqu’à présent, le plafond était de 63 millions de dollars par an. Sans cette règle, ils auraient pu proposer des contrats faramineux impossibles à égaler pour une franchise pensionnaire d’une plus petite ville. Le championnat américain ressemblerait à la Ligue 1 après le rachat du PSG par Nasser Al-Khelaïfi. Avec le salary cap, une équipe ne peut pas offrir les contrats maximum autorisés par la NBA à tour de bras. Ce salary cap est calculé selon les revenus télévisés de la NBA. Avec ce nouveau contrat, il passera à  91 millions de dollars, soit une augmentation de près de 50%. Les joueurs en fin de contrat à la fin de la saison pourront signer des contrats de plus de 30 millions de dollars.

L’arbre qui cache la forêt

En instaurant le salary cap, la NBA a donné l’image d’une ligue cherchant l’égalité. Mais la réalité est différente. Le système est doté d’une limite soft. C’est à dire que ce cap peut être dépassé. Dans ce cas là, l’équipe en faute doit payer une taxe (à partir de 1,5 dollars pour chaque dollar au dessus du cap). La franchise des Brooklyns Nets a ainsi payé en 2014 plus de 71 millions de luxury tax. Les équipes historiques comme les Boston Celtics ou les Los Angeles Lakers peuvent ainsi attirer beaucoup de bons joueurs sans s’occuper de ce cap. Les équipes les moins attractives (les Minnesota Timberwolves pour ne citer qu’eux) ont le plus grand mal à garder leurs rookies au delà de leur premier contrat. Ce système est loin d’être parfait mais il a au moins le mérite d’exister. Adam Silver, le commissioner de la NBA, milite pour la création d’un cap infranchissable, un hard cap, mais le syndicat des joueurs a toujours refusé cette éventualité. Une telle réforme réduirait le salaire des meilleurs joueurs.

Rendez-vous la semaine prochaine pour tout savoir sur la médiatisation des stars et le All Star game dans le petit manuel de la NBA #3 !

Wilhem Lelandais-Foyer

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