Le Voyage d’Arlo : un très grand Disney, un Pixar mitigé

Pour la première fois depuis sa création, le studio d’animation Pixar sort deux films une même année. Le Voyage d’Arlo (The Good Dinosaur en anglais) succède ainsi à Vice-Versa qui avait su conquérir le public plus tôt en 2015.

Le film raconte l’histoire d’Arlo, petit apatosaure peureux, qui se retrouve plongé dans un long périple pour retrouver sa famille. Disney-Pixar nous fait découvrir un monde magnifique dans lequel l’extinction des dinosaures n’a jamais eu lieu. Dans celui-ci, le dinosaure est l’espèce dominante alors que l’homme n’est qu’une espèce sauvage minoritaire.

Dans le monde imaginé par Pixar, l’espèce intelligente est celle des dinosaures, qui travaillent pour vivre. Spot, l’enfant sauvage est plus proche d’un animal que d’un être humain. (Crédit photo : Pixar)

Dans le monde imaginé par Pixar, l’espèce intelligente est celle des dinosaures, qui travaillent pour vivre. Spot, l’enfant sauvage est plus proche d’un animal que d’un être humain. (Crédit photo : Pixar)

Un travail d’animation exceptionnel.

Avec Le Voyage d’Arlo, le studio d’animation Pixar innove une nouvelle fois en matière d’animation par ordinateur. Jamais un monde animé n’aura été aussi magnifique. À plusieurs reprises, la confusion entre images réelles et virtuelles se fait en découvrant certains paysages. Le travail réalisé par la société californienne est vraiment remarquable.
C’est également la première fois qu’un studio d’animation fait appel à des nuages volumétriques, ce qui signifie qu’ils sont générés en temps réel et ne sont plus rajoutés dans des espaces laissés vides par les animateurs, c’est une véritable prouesse technologique.

Autre première pour un Disney-Pixar : la bande-originale est réalisée par deux compositeurs. Le travail de Mychael Danna (Oscar de la meilleure musique pour L’Odysée de Pi) et Jeff Danna accompagne merveilleusement les images du studio d’animation.

Un Pixar en manque d’inspiration. 

Si la qualité du travail d’animation est irréprochable, le scénario du film réalisé par Peter Sohn déçoit sur de nombreux aspects. Pixar, qui avait habitué ses adeptes à mêler humour et intelligence à ses dessins animés, s’éloigne cruellement de ce qui fait son ADN. Le scénario est du presque déjà-vu. L’histoire d’un personnage effrayé par un monde qu’il doit traverser pour retrouver sa famille fait très rapidement penser au Monde de Némo, plus grand succès qu’ait connu le studio d’animation. Au fur et à mesure, les similitudes avec le film sorti en 2003 s’accroissent : les requins sont devenus des T-Rex et notre personnage principal n’est plus accompagné d’un poisson amnésique mais d’un petit garçon sauvage aussi agressif qu’attachant. Il n’y a plus ces surprises qui font la magie de Pixar. Succéder à Vice-Versa n’était pas une épreuve facile. Le film avait été salué unanimement par une critique reconnaissant une intelligence hors norme pour un film d’animation. Le Voyage d’Arlo se brûle sur cette épreuve. Disney-Pixar fait plus du Disney que du Pixar, une première fois pour un film du studio qui avait toujours réussi à conserver son identité.

Des moments pourtant forts

Pourtant à de nombreuses reprises, Pixar montre que son âme est toujours présente dans le film. La scène présentant le collectionneur (merveilleusement doublé par Éric Cantona) illustre cette magie Pixar, l’humour du personnage réunit adultes et enfants et fait oublier le vide causé par le scénario lors des minutes précédentes.
Les messages que le film passera plus tard sur la famille sont également très puissants. Ils seront interprétés différemment par les petits et les grands mais auront la force de toucher chaque spectateur, qualité propre à Pixar.

Le collecteur interprété par Eric Cantona est un Styracosaure délirant, toujours à la recherche de nouveaux compagnons. Un des meilleurs moments du film. (Crédit photo : Pixar)

Le collecteur interprété par Eric Cantona est un Styracosaure délirant, toujours à la recherche de nouveaux compagnons. Un des meilleurs moments du film. (Crédit photo : Pixar)

Pour résumer, Le Voyage d’Arlo est un très bon film d’animation qui ne prend pas de risque en ces périodes de fin d’année. Disney-Pixar se garantit une réussite à travers un modèle qui fonctionne à tous les coups. Pixar s’essaye à un format plus Disney tout en rappelant de temps en temps qu’il est à l’origine du projet. On regrettera l’absence de l’intelligence Pixar. Si la qualité est là, l’humour et les messages cachés sont bien moins présents.

Le Voyage d’Arlo est sorti en salles mercredi 25 novembre. Si vous avez des enfants, n’hésitez pas une seconde. Le film ne pourra que les satisfaire, c’est un excellent Disney, digne de La Reine des Neiges ou de Les Nouveaux Héros sortis à cette période les années précédentes.
En revanche si vous voulez voir du vrai Pixar, Le Voyage d’Arlo n’est pas forcément un très bon cru, on vous recommandera plutôt d’attendre Le Monde de Dory qui sortira en Juin 2016, on devrait sans aucun doute y retrouver ce qui fait l’ADN de Pixar.

Nicolas Lellouche

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