Le poumon vert cannois

Les jardins communautaires de la basse vallée de la Siagne qui ont vu le jour l’année dernière, permettent aux citadins de s’évader à moindre coût, tout en mangeant au rythme de ces productions saisonnières. Paul-Arnaud Boudou et Alex Gouty s’y sont rendus dans la fraîcheur d’un soir.

Le concept s’inscrit dans le projet « Cannes 21 », qui vise à rendre la ville plus verte avec la participation des citoyens. Dans cette optique, depuis le début de l’année 2014, les 75 hectares disponibles à Cannes-la-Bocca sont réquisitionnés pour développer un espace modèle en matière de développement durable : ferme pédagogique, verger, aire de pique-nique, accrobranche, jardins communautaires.

Légende : Aménagement, décoration, culture : chacun gère sa parcelle comme il l’entend. Crédit : Alex Gouty.

Légende : Aménagement, décoration, culture : chacun gère sa parcelle comme il l’entend.
Crédit : Alex Gouty.

Christian rappelle : « Ils permettent à des familles, parfois aux revenus modestes, de se procurer légumes et fruits frais en les cultivant eux-mêmes. » Des critères de sélection qui expliquent qu’il y ait peu de jeunes, comme le déplore Guilin. Plutôt que de les voir « traîner en ville », il les préférerait aux jardins. Lui, par exemple, ne vient pas ici que pour jardiner, il emmène ses enfants avec qui il partage l’amour de la terre, « c’est un peu un rêve d’adulte » : apprendre à reconnaître une bonne tomate, comment retourner la terre avec une « grelinette »

Des savoirs, des conseils et des techniques qui se partagent aussi entre voisins de potagers. On s’échange des semis, on se partage une récolte (trop) mirifique, de l’avis général l’ambiance est excellente. Mieux, pour Christian : « Ce ne sont pas que des jardins, il y a un vrai lien social qui se crée. » En contrepartie, la ville ne demande que 95 euros pour 95 m2 par an aux jardiniers, en plus de l’eau qui leur est facturée. Les outils leur sont fournis, ainsi que de l’engrais biologique, comme des copeaux « issus de l’élagage urbain », ajoute Fernand.

Un faible coût, d’opulentes récoltes au rendez-vous, un concept vecteur d’intégration sociale, le tout dans un esprit bon enfant : le projet porte ses fruits, à tel point que 50 nouveaux jardins devraient voir le jour d’ici fin 2015.

Paul-Arnaud BOUDOU

Alex GOUTY

Antonin DESLANDES

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