À la ferme du Collet, le futur c’est la nature

Lassés de notre société où la consommation de masse et la course au progrès sont rois, certains ont choisi un autre mode de vie, loin de l’individualisme citadin. Pour eux, l’avenir, c’est un retour à la terre et à sa simplicité.

Deux familles et un célibataire à la retraite vivent aujourd’hui à la Ferme du Collet, éco-hameau situé à Penne, petit village des Alpes-Maritimes. Bertrand Ollivier est l’un des habitants à l’origine de ce projet de ferme collective : « Le mode de vie citadin ne nous convenait plus à ma femme et moi, alors nous avons choisi de vivre autrement. » Après quelques années à Paris, les jeunes parents décident de s’éloigner de la ville. La famille de Bertrand n’est pas un cas isolé, de plus en plus de Français font le choix d’un retour à la terre et aux valeurs essentielles. L’objectif : vivre simplement et sereinement, afin de s’éloigner de la société de consommation et atteindre la « sobriété heureuse » de Pierre Rabhi, essayiste qui défend un mode de société plus respectueux de l’environnement et refuse de se soumettre à la modernité. Une modernité qui ne déploie plus aucune vision à long terme et qui oublie le rôle essentiel de l’économie : répartir les ressources communes à l’humanité. Pierre Rabhi est partisan d’une vie modérée et libératrice qui permettra à l’Homme de renouer avec la nature.

S’écarter du système économique moderne

En 2001, c’est sous la forme d’une Société civile immobilière que la famille de Bertrand et quatre autres foyers créent la Ferme du Collet, « lieu d’expérimentation collective » de vingt-quatre hectares. « Ce que nous voulions, c’est d’abord l’indépendance vis-à-vis du système économique », assure Bertrand. L’autosuffisance et la simplicité de vie sont au cœur de la charte commune de la ferme. « On mange en grande partie ce que l’on fait nous-mêmes », explique le père de famille, agriculteur, qui produit fromage et légumes. Côté énergie, la consommation du foyer est très sobre et entièrement autonome grâce à l’énergie solaire.

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Pour les travaux agricoles, la ferme du Collet n’utilise aucun appareil thermique. Crédit photo : Bertrand Ollivier.

La simplicité à la Ferme du Collet, c’est aussi accepter de partager ses biens et posséder le minimum. Chaque famille a un espace bien défini, mais la vie collective est un élément essentiel de la ferme. « On a régulièrement des demandes de personnes intéressées pour vivre avec nous, mais ce qui les fait souvent partir c’est le fait que notre patrimoine soit lié », déplore Bertrand. Le lieu appartient en effet à toutes les familles, et toutes les décisions importantes sont prises collectivement.

S’il décourage quelques intéressés, ce mode de vie semble convenir aux enfants de la ferme. « Mon fils de 20 ans est en train d’acheter un terrain avec des amis pour créer le même genre de lieu », se réjouit le père de famille. Sa fille poursuit quant à elle des études de maroquinerie en ville : « Elle a besoin de voir autre chose, de vivre différemment, on la comprend. L’essentiel c’est qu’elle ne soit pas en rupture avec notre mode de vie. »

 

Emilie Unternehr

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