[Carte] Le piège de la fermeture des frontières

La Suède puis le Danemark ont décidé de rétablir les contrôles aux frontières, lundi 4 janvier. Deux pays frontaliers, membres de l’espace Schengen, contraints de fermer temporairement leurs frontières face à l’afflux de migrants. Un phénomène désormais loin d’être isolé.

Une fermeture de frontière entraîne une fermeture de frontière chez le pays voisin. Ce schéma semble bien souvent se répéter depuis des mois au sein de l’espace Schengen. A la suite de l’annonce par la Suède du retour des contrôles sur le pont de l’Øresund, faisant la frontière avec le Danemark, le gouvernement danois a immédiatement décidé d’en faire autant à sa frontière avec l’Allemagne.
Une décision basée sur la crainte que les migrants refoulés par la Suède restent sur le territoire. « Nous réagissons simplement à une décision prise en Suède. Nous instaurons des contrôles provisoires mais d’une manière équilibrée. », a déclaré le premier ministre Larss Løkke Rasmussen.

Un cercle vicieux

Ces décisions simultanées font écho à l’effet boule de neige du 13 septembre 2015, point de départ de fermetures de frontières de trois pays. L’Allemagne décide de rétablir les contrôles à sa frontière avec l’Autriche et ce, seulement quelques semaines après sa décision de suspendre le renvoi des réfugiés vers le pays de l’Union européenne par lequel ils sont entrés.
Une mesure annoncée par le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, pour « limiter l’afflux actuel vers l’Allemagne et d’en revenir à des procédures ordonnées pour l’entrée des personnes dans le pays. »

Des migrants manifestent dans la gare de Budapest, le 4 septembre 2015 (crédit photo : Wikimedia commons)

Des migrants manifestent dans la gare de Budapest, le 4 septembre 2015 (crédit photo : Wikimedia commons)

Aussitôt, le voisin tchèque décide de réintroduire les contrôles avec l’Autriche. Le premier ministre de la République Tchèque Bohuslav Sobotka a pointé du doigt les défaillances de l’Union européenne quant à sa capacité à protéger les frontières extérieures de l’espace Schengen. Il juge nécessaire « de prendre des mesures opérationnelles pour renforcer la sécurité de chaque pays et de contenir le flux des réfugiés ».

Du barbelé aux frontières

Toujours le 13 septembre, l’Autriche décide alors d’en faire de même à sa frontière avec la Slovénie. Mais le pays a décidé d’aller plus loin : des travaux sont lancés le 7 décembre 2015 afin de réaliser une clôture métallique. Pour l’instant, le projet est un simple grillage d’environ 4 kilomètres mais il est possible d’ajouter des fils barbelés et de le déployer sur 25 autres kilomètres en cas de besoin.

Un mois plus tard, la Hongrie fermait sa dernière frontière en érigeant un mur le long de la Croatie, point de passage principal des migrants. Le 11 novembre, Miro Cerar annonçait l’installation de barbelés afin « d’empêcher la dispersion et de garantir le contrôle aux frontières ».

 

Une décision conforme à l’espace Schengen

Les accords de Schengen autorisent la libre circulation des individus au sein des pays membres. Un pays peut la suspendre momentanément en cas « d’atteinte à l’ordre public ou à la sécurité nationale ». La décision ne peut excéder six mois maximum et deux ans en cas de « circonstances exceptionnelles ».

 

Pour aller plus loin : de la Grèce à la Suède, quelles barrières dans l’Union européenne ?

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Guillaume Soudat
Delphine Toujas

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