[CES 2016] Faraday Future, la batmobile électrique #2/6

Du 6 au 9 janvier, le Consumer Electronics Show (CES), plus grand salon technologique du monde, se réunit pour son édition 2016. Deux jours avant l’ouverture du salon au public, Faraday Future, qui promettait de révolutionner l’automobile en repensant le concept actuel, a présenté son premier véhicule : le FFZERO1.

Faraday 1.jpg

Le concept FFZERO1, premier véhicule de Faraday Future. (Crédit photo : Faraday Future)

Depuis quelques mois, une entreprise californienne inconnue, nommée Faraday Future, agite la toile en répétant sans cesse qu’elle va transformer le marché automobile avec un véhicule révolutionnaire. Leur principale cible est l’entreprise Tesla Motors, seule aujourd’hui à proposer des véhicules électriques meilleurs que les véhicules traditionnels, adaptés aux familles et à la vie de tous les jours.

Nombreuses spéculations ont alors vu le jour sur l’origine de Faraday. Certains ont imaginé une entreprise test pour Apple, dont les ambitions de rentrer dans le monde des véhicules ne sont plus secrètes. L’entreprise refusant de donner le nom de son PDG, le mystère n’a cessé de se développer. C’est le milliardaire chinois Jia Yueting qui se trouve  finalement à l’origine de Faraday Future. L’homme d’affaire rêve de devenir le nouvel Elon Musk – créateur de Tesla, son concurrent auto-proclamé.

Le FFZERO1 Concept comme véhicule test

Lundi à 20h, c’était le grand jour pour Faraday Future, la fin du mystère. Dans un keynote inspiré de l’ère Steve Jobs, l’équipe conceptrice de l’entreprise – dont la majorité des responsables sont des anciens de Tesla ou BMW – a présenté un véhicule qui n’est qu’un concept : le FFZERO1. Le véhicule casse les codes luxueux des véhicules électriques actuels et arbore un design futuriste tout droit sorti d’un film de science-fiction.

Faraday 2.jpg

Tesla Model S à gauche, FFZERO1 à droite. Un design classique et luxueux pour l’un, futuriste pour l’autre. (Crédit photo Tesla : Nicolas Lellouche / Crédit photo FF : Faraday Future)

Le véhicule présente des caractéristiques étonnantes. 100% électrique, il peut atteindre la vitesse de 350km/h, peut passer (comme son concurrent Tesla) de 0 à 100km/h en moins de 3 secondes et équivaut à une puissance de 1000 chevaux.

Le véhicule de Faraday Future s’approche donc plus des performances d’une batmobile que de celle d’un véhicule de ville. C’est un véritable monstre, qui aurait plus sa place sur un circuit que dans votre parking.

Quelques innovations technologiques

Faraday Future promettait de révolutionner le concept même de véhicule. Est-ce une réussite ? Si le design souligne réellement un effort d’originalité à travers ses courbes futuristes et son phare unique, le FFZERO1 présente quelques innovations intéressantes.

Ainsi, l’entreprise californienne a décidé de remplacer le volant par votre smartphone, véritable outil de communication entre vous et votre véhicule. Encore plus intéressant, ce smartphone-volant peut sortir du véhicule et permettre un contrôle du FFZERO1 depuis l’extérieur.
À travers le Halo Safety System, Faraday Future propose un casque fournissant oxygène et eau au conducteur, rendant toute course presque éternelle.

Elle reconnaît son pilote à travers différents capteurs biométriques, apprenant à le connaître et s’adaptant à sa conduite.

À l’issu de sa conférence, Faraday Future a mis en ligne une vidéo de présentation de son premier modèle :

 

Une déception prometteuse

Finalement, Faraday Future manque son objectif de révolutionner l’automobile avec la FFZERO1. Si on met de côté l’apparence novatrice du véhicule, on constate que celui-ci ne change en rien le modèle électrique introduit par Tesla.

Faraday 3

La FFZERO1 copie le châssis créé par Tesla. Des batteries géantes se situent au milieu du véhicule et des moteurs se trouvent entre les roues : c’est exactement le même système. (Crédit photo : Faraday Future)

 

Durant son keynote, Faraday Future parlait du FFZERO1 comme étant aux voitures ce que l’iPhone est aux téléphones. Il est pourtant impossible d’établir une quelconque comparaison entre ces deux produits. Le véhicule présenté lundi n’est qu’un concept, et n’a aucune ambition de production. Faraday Future a même insisté sur le nombre limité de véhicules qui pourraient être produits.

Par ailleurs, les voitures de Tesla, précurseur des véhicules électriques, peuvent parfaitement s’intégrer au cadre de la vie de tous les jours. Avec un minimum de 5 places, l’entreprise d’Elon Musk propose des voitures répondant au contexte familial.
La FFZERO1 ne propose qu’une seule et unique place. Elle satisfera donc son pilote qui profitera de performances magistrales mais ne répond en rien à une révolution automobile. D’ailleurs, l’entreprise ne communique pas sur la capacité de sa batterie.
Si Tesla avait prouvé qu’on pouvait avoir un véhicule 100% électrique sans perdre en performance et en autonomie, Faraday Future n’apporte de solution à aucun de ces problèmes.

Faraday 4.jpg

Image promotionnelle utilisée par l’entreprise avant de dévoiler son premier modèle. (Crédit photo : Faraday Future)

 

Faraday Future n’est pas le « tueur de Tesla » qu’il promettait, pas non plus l’imposteur que certains prédisaient. L’entreprise insiste sur le fait que ce premier modèle servira de base pour les modèles qui sortiront un jour. Le FFZERO1 est ridicule, tout en étant absolument génial.
Il y aura certainement une longue route à parcourir pour permettre à Faraday Future de s’imposer dans le marché automobile. Ce modèle d’hypercar est certainement la première étape pour créer un empire, et l’étendre à travers des véhicules pour tous.

Faraday 5.jpg

Richard Kim, Ding Lei et Nick Sampson de Faraday Future, au CES de Las Vegas le 4 janvier. (Crédit photo : Faraday Future)

En attendant, Volkswagen tenait une conférence le 6 janvier dans laquelle elle annonçait le Budd-e, véhicule 100% électrique qui s’attaquera à Tesla. Par ailleurs, ce même Tesla annoncera en Mars le Model 3, son premier véhicule véritablement accessible financièrement.

 

Nicolas Lellouche

 

 

 

Publicités