[FIPA] Amigo’s met les petits plats dans les grands

Amigo’s, la nouvelle série de Jean-Claude Van Rijckeghem et Pierre de Clercq a été longuement applaudie au FIPA de Biarritz.

Le monde carcéral intrigue et semble inspirer nombre de réalisateurs. Orange is the new black, Prison Break, Rectify, … On ne compte plus les séries qui nous ont envoyés directement derrière les barreaux. Les Belges Jean-Claude Van Rijckeghem (Moscow, Belgique, Brasserie Romantique) et Pierre de Clercq (Hasta La Vista, Brabançonne)  ont eux aussi purgé leur peine en présentant mercredi 20 janvier, leur série Amigo’s.

Amigo's série fipa

Dans « Amigo’s », Rik et sa bande d’anciens taulards essayent de monter un restaurant. Crédit Photo : A Private View

Tournés entre février et juin 2015, les 10 épisodes suivent Rik (Jurgen Delnaet) tentant d’ouvrir un restaurant pour se remettre dans « le droit chemin ». Formé à la cuisine durant son séjour pour homicide involontaire, devenu excellent dans son art (certains détenus ont même demandé à être transférés pour pouvoir goûter à ses plats !), on se rend vite compte qu’il est plus ou moins le seul à croire en cette idée. N’empêche, une galerie de personnages hauts en couleur l’accompagne, plus ou moins maladroitement dans ce projet. Car oui, pour une bande d’anciens taulards, la vie en dehors des barreaux n’est pas forcément toujours évidente. Et bien souvent, la discipline nécessaire au bon fonctionnement d’un établissement gastronomique sera troublée par d’anciennes (mauvaises) habitudes. De l’adolescent qui braque le premier innocent venu dès que le besoin d’argent se fait sentir, à l’ancien voleur de voiture qui a un peu de mal à refréner ses vieilles manies, Amigo’s réussit à nous faire aimer une bande de méchants qui essayent de devenir gentils.

Une belle réussite… et une erreur de montage

Pari réussi puisque l’on tombe rapidement sous le charme d’un scénario rythmé où l’on ne s’ennuiera pas une seule seconde, grâce à des personnages aux caractères bien trempés. L’humour belge nous fera d’abord sourire puis littéralement exploser dès le second épisode. Quant à la photographie et au cadrage, ils sont particulièrement soignés (avec une séquence d’ouverture mémorable qui, quoique tournée en pleine nuit, présente un éclairage extrêmement bien maîtrisé).

Le tableau est toutefois légèrement noirci par un fondu au noir à la moitié du premier épisode qui peut apparaître comme une erreur de montage, mais qui détruit en quelques instants tout le rythme qu’avait instauré le début de l’épisode. Reste à espérer que ce vilain défaut soit corrigé avant une future diffusion. On ne boudera donc pas notre plaisir, ces deux premiers épisodes annonçant une suite très prometteuse. Souhaitons que la série soit diffusée en France très prochainement.

Cyrille Ardaud