[FIPA] Le parcours d’un pianiste vers le récital de sa vie

Admirateur de Rachmaninov, Flavio Villani interprète son premier récital devant les caméras de Rebecca Tansley : le Concerto n° 2 de son compositeur favori.

Des notes de piano sur une mer démontée, les doigts du pianiste sur son clavier, c’est ainsi que commence Crossing Rachmaninoff. Le documentaire suit le parcours du jeune musicien Flavio Villani durant les quatre mois qui précèdent son premier concert en tant que pianiste solo avec un orchestre. S’il joue aujourd’hui devant une salle pleine, le parcours du pianiste italien n’a jamais été évident.

Flavio Villani interprète le Concerto pour piano numéro 2 de Rachmaninov. (Crédit photo : Minerva Productions)

Flavio Villani interprète le Concerto pour piano numéro 2 de Rachmaninov. (Crédit photo : Minerva Productions)

Très jeune, Flavio se fait chasser de la maison familiale parce qu’il est homosexuel. Il a vécu « le drame italien » comme il l’explique lui-même. Le jeune homme n’avait jamais pensé faire de la musique son métier, il se lance donc dans des études « sérieuses », plus sûres. Mais une fois son diplôme en poche, il refuse d’abandonner la musique, il ne veut pas regretter plus tard de ne pas s’y être consacré. Le pianiste s’envole alors pour la Nouvelle-Zélande où il souhaite éviter toute distraction. Mais Flavio doute toujours beaucoup de lui et doit encore réussir à s’imposer dans le monde de la musique. Crossing Rachmaninoff est l’histoire d’un homme qui a trouvé le courage de suivre sa voie, d’écouter son amour pour la musique. Parce que c’est la musique qui l’a choisi, Flavio s’apprête à réaliser le rêve d’une vie.

Des frissons d’émotion

Pas besoin d’être un aficionado de Rachmaninov ni de musique classique pour apprécier ce film, le piano vous saisira. On suit Flavio dans sa vie quotidienne en Nouvelle-Zélande, les cours qu’il donne à ses élèves, les cours qu’il reçoit, les retrouvailles avec sa famille en Italie pour son récital… De nombreuses séquences sont également consacrées à l’œuvre de Rachmaninov en elle-même, à sa musique, aux histoires qu’elle porte, à ses difficultés. Une grande part du film est laissée à son personnage principal : la musique. Ce sont les notes de piano qui sont entrecoupées de la parole des interlocuteurs, pas l’inverse. L’image est parfaite, si belle qu’on en vient parfois à se demander si c’est un film documentaire ou un documentaire de télévision. Flavio Villani est possédé par la musique, ce film vous fera vibrer.

Emilie Unternehr

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