[FIPA] Unreal, la décomposition du Bachelor

Des jeunes filles portant des robes de bal, une villa californienne somptueuse, c’est le cadre de l’émission de télé-réalité Everlasting. Théâtre de nombreux drames et de manipulation, la série Unreal nous emmène dans un monde tout à fait abject.

Unreal dresse plus qu’un simple portrait d’une émission de télé-réalité. Les deux premiers épisodes de cette série fiction nous montrent les coulisses d’un show américain, Everlasting. Son concept est simple, vingt-quatre candidates sont prêtes à tout pour séduire Adam Cromwell (Freddie Stroma), un riche, jeune et beau Britannique. Elles sont soigneusement sélectionnées selon leurs atouts physiques et leurs personnalités : la « desperate milf » se sait trop vieille, la vierge complexée, la sulfureuse ose tout. L’émission, un piège tendu par les producteurs, orchestre des intrigues manipulées.

Un pitch qui nous rappelle celui de The Bachelor. Mais pas sans raison. Unreal a été co-créé par une personne qui s’y connait très bien : Sarah Gertrude Shapiro, ancienne productrice de cette émission de télé-réalité pendant neuf saisons.

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Quatre bachelorettes durant un tournage d’Everlasting. Crédit : Melty.

Unreal tire son épingle du jeu en mettant en scène les tracas de la vie des producteurs, en particulier celle de Rachel Goldberg (Shiri Appleby), l’héroïne, qui se retrouve coincée à travailler pour l’émission.

L’art de manipuler

On découvre au travers d’un tournage un job particulier, celui de producteur de télé-réalité. Sans scrupules, il n’hésite pas à exploiter les problèmes des candidates pour les revendre aux spectateurs. Portant un jean évasé et un T-shirt « This is What Feminist Looks Like », Rachel paraît forte et ne pas appartenir à ce monde. Son rôle, manipuler les candidates afin d’obtenir des rebondissements et des drames pour faire de l’audience. Dans les bureaux sombres, derrière une multitude d’écrans, équipée de son talkie-walkie, Quinn King, la productrice (Constance Zimmer) dirige tout. Tout le monde est sur écoute et filmé. L’intimité n’existe pas.

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Quinn (Constance Zimmer), Rachel (Shiri Appleby), Adam (Freddie Stroma), Mary (Ashley Scott), Grace (Nathalie Kelley). Crédit : Allocine.

Entre Rachel et sa patronne, la féroce Quinn, la série pourrait apparaître comme cruelle, renvoyant une image satirique des bachelorettes. Au lieu de cela, ces femmes sont filmées en tant qu’individus, vulnérables, certes, mais distincts. Pendant le tournage de l’émission de télé-réalité, elles ont peu de contrôle quoi qu’elles fassent. Certaines sont romantiques, recherchant l’amour, d’autres jouent.

Unreal, c’est donc deux mondes, les marionnettes et ceux qui tirent les ficelles. Les états d’âme, eux, sont mis de côté. On éprouve la cruauté de ce monde de l’audiovisuel. La première saison est filmée en dix épisodes, les deux premiers annoncent des intrigues prenantes, mais qui pourraient s’essouffler.

Bande d’annonce de la saison 1 :

Camille Maleysson