Comptage des oiseaux de jardin : devenez un « biodiv’ acteur » !

Le week-end du 30 et 31 janvier, la Ligue de Protection des Oiseaux et le Muséum national d’Histoire naturelle lancent une grande opération nationale de comptage des oiseaux de jardin. C’est la quatrième fois que cette opération est menée. De 2013 à 2015, ce sont chaque année 100 000 oiseaux qui ont été comptabilisés dans près de 3 000 jardins.

Avis aux amateurs ! Si vous ne savez pas quoi faire de votre week-end, vous pouvez aider la LPO  à comptabiliser les différentes espèces d’oiseaux de votre jardin. Tout le monde peut participer à cette opération. Petit ou grand, citadin ou campagnard, vous n’aurez qu’une heure de votre samedi ou dimanche à y consacrer. Pour cela, il suffit de vous installer dans votre jardin ou dans un parc public. Pendant une heure, vous devrez noter chaque oiseau que vous voyez se poser près de vous. Pour ceux qui n’y connaissent rien, vous pouvez télécharger la fiche d’aide à l’observation recensant les principales espèces d’oiseaux. Une fois rentré chez vous, vous n’aurez plus qu’à saisir vos résultats sur le site de l’Observatoire des oiseaux des jardins. Grâce à ce recensement, vous pouvez devenir un « biodiv’ acteur ». C’est aussi une occasion d’apprendre à reconnaître les différentes espèces d’oiseaux.

Afin de mieux comprendre les enjeux de cette opération, Buzzles a souhaité interroger Marjorie Poitevin, animatrice nationale de l’Observatoire des oiseaux des jardins.

Observation oiseau parc S.Fagart

Marjorie Poitevin en plein comptage des oiseaux. (Crédit photo : S. Fagart/LPO)

Buzzles : Pourquoi avoir mis en place ce comptage et pourquoi faire appel aux amateurs ?

Marjorie Poitevin : « Ce comptage de janvier permet davoir une vision des populations doiseaux à un instant t de l’année. Le fait de le réaliser toujours au même moment et selon le même protocole permet de pouvoir comparer les données des différents recensements.

Les oiseaux sont des animaux qui se prêtent bien à un programme de sciences participatives, car ils sont souvent appréciés des particuliers. Seuls, les scientifiques ne peuvent pas étudier les oiseaux des jardins. Ils nont pas accès à ces zones. Ainsi, les propriétaires de jardins sont de parfaits observateurs pour transmettre des données concernant les oiseaux de leurs jardins.

Le comptage de ce week-end sinscrit dans un programme plus large : lObservatoire des oiseaux des jardins fonctionne, lui, tout au long de l’année. »

Est-ce fiable ? Comment savoir si ce n’est pas toujours le même oiseau qui passe ? 

 « Il est évident que certaines données sont fausses, que ce soit concernant l’espèce ou leffectif. Cependant, ces fausses données se perdent dans la totalité des données collectées. Cest le cas pour tous les programmes de sciences participatives, mais les données collectées via ce genre de programme sont analysées par des scientifiques capables de saffranchir de certaines erreurs.

Afin d’éviter de comptabiliser deux fois le même oiseau, il est demandé aux participants de ne noter que le nombre maximum doiseaux de la même espèce vus en même temps. Ainsi si vous voyez quatre moineaux, puis deux moineaux et enfin trois moineaux, il ne faut noter que quatre moineaux. »

Les amateurs d’ornithologie sont-ils au rendez-vous chaque anné?

 « Oui, il y a de plus en plus de personnes qui participent au comptage de janvier et à ceux de lObservatoire en général. Pour le comptage de janvier nous sommes passés de 2 900 jardins participants en 2013 à plus de 4 100 en 2015. »

Quelles conclusions en avez-vous tiré les années précédentes ?

« Les données des comptages et de lObservatoire ont été analysées pour la première fois en 2014. Il sagissait surtout de savoir si elles étaient statistiquement fiables, ce qui est le cas. Cela nous a donc confortés dans notre programme. Quelques analyses ont été faites et nous retrouvons les mêmes résultats que ceux obtenus par l’étude de données collectées via un autre protocole. Depuis l’année passée, une thésarde travaille sur les données au Muséum et s’intéresse plus spécifiquement à la problématique des oiseaux de jardins dans les zones agricoles. Les données des comptages ont également permis de conforter l’idée qu’il y avait significativement moins doiseaux à la mangeoire durant l’hiver 2013-2014

Une autre thésarde devrait pour la première fois comparer les données des quatre années de comptage pour en tirer les premiers résultats ! Rendez-vous dans quelques mois pour connaître les conclusions de ces comptages. »

 

 

Laure Le Fur

Thomas Woloch

 

 

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