Ces familles qui accueillent des personnes âgées

Comme alternative à la maison de retraite, des familles ont choisi d’exercer le métier de familles d’accueil pour le troisième âge.  Dans les Alpes-Maritimes, 36 familles se sont engagées dans cette voie. Buzzles a rencontré deux d’entre elles.

A Carros, au creux des montagnes, se niche la maison de Dominique Cler, ancien restaurateur de 52 ans. À l’entrée, des arbres fruitiers chargés d’agrumes. Au fond du jardin, un poulailler laisse imaginer la collecte des œufs frais le matin. Un accueil chaleureux, une maison familiale donc, où il vit avec son compagnon, deux petits chiens et trois pensionnaires : « les mamies ».

Un métier pas comme les autres

Le quinquagénaire n’exerce pas un métier comme les autres, il est « famille d’accueil agréée pour personnes âgées » depuis trois ans. C’est un dispositif créé en 1989, permettant à une ou plusieurs personnes âgées, moyennant rémunération, d’être logée au sein d’un domicile familial. L’hébergement est encadré par la loi et par « le contrat d’accueil » signé par les deux parties. « Une alternative plus chaleureuse », dit-il, à la maison de retraite et aussi « moins chère ».

Son quotidien, il le raconte : « C’est un travail qui n’est pas de tout repos. Il demande une implication quotidienne irréprochable et les semaines sont ponctuées de visites médicales. Nous avons peu de vacances, c’est un travail très prenant. L’aspect humain est donc primordial. Nous souhaitons que nos pensionnaires se sentent chez elles, même si c’est parfois difficile de quitter leur maison ».  Aux côtés de son fils venu lui rendre visite, Marie-Rose, 88 ans, approuve : « Je ne pouvais plus rester seule chez moi, je causais du souci à mon fils. Aujourd’hui, il peut venir me voir à tout moment. Aussi, je me suis fait des copines ».

Dominique Cler et Marie Rose

Dominique Cler et Marie Rose (Crédit photo : Virginie Ziliani)

 

Des difficultés à gérer au quotidien

Bien que le métier soit épanouissant, Dominique Cler témoigne des difficultés rencontrées : « Lorsque nous prenons contact avec les familles, il est important que nous soient communiquées toutes les informations médicales liées à la personne. Malheureusement, parfois, ça n’est pas le cas, ce qui engendre des surprises : nous navons pas accès au dossier médical des pensionnaires. Il peut donc arriver que nous affrontions des problèmes dordre psychiatrique. Or, nous ne sommes pas formés à ce type de situations. » Heureusement, un délai de deux mois d’essai est prévu, ce qui laisse le temps à la famille et aux pensionnaires de juger de leur capacité à cohabiter.

En théorie, selon l’association nationale Famidac, le rôle du département est d’organiser la formation initiale et continue des accueillants familiaux agréés. Dominique Cler confie sa déception à ce sujet. Même observation de la part de Martine Mascioni, 60 ans, accueillante à Peymeinade dans une chaleureuse bâtisse provençale qu’elle occupe seule, avec « Mamie Juliette », 91 ans, postée, tout sourire, devant la cheminée. Dans certaines régions, des associations locales accompagnent et favorisent la communication entre les familles d’accueil. L’ancienne coiffeuse explique : « Il n’existe pas ici dassociation permettant lentraide entre les familles. Une telle structure pourrait favoriser la mise en relation avec les personnes âgées cherchant un logement. À ce jour, cest par le biais du journal Nice-Matin que je poste des annonces ».

Et ce n’est pourtant pas la demande qui manque. Au niveau national, le taux d’occupation des familles d’accueil est de 80%. Selon Famidac, on comptait au total 9 742 accueillants agréés en France en 2014 et seulement 36 dans les Alpes-Maritimes.

Sarah Mélis

Virginie Ziliani

 

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