La Chine se donne les moyens de ses ambitions militaires

La Chine a décidé d’officialiser le chantier de son nouveau porte-avions, à un moment où le pays développe de manière exponentielle la puissance de sa flotte.

Le 31 décembre dernier le président chinois Xi Jinping a confirmé la construction d’un deuxième porte-avions. Il s’agit du premier navire militaire d’un tel tonnage à être issu des chantiers navals chinois. Le seul porte-avions actuellement en service, le Liaoning, a en effet été vendu par la marine ukrainienne qui l’avait elle-même hérité de la marine soviétique L’objectif est de promouvoir la technologie de l’Empire du Milieu et de servir de vitrine aux puissantes entreprises d’armement chinoises qui cherchent à s’ouvrir à l’international.

Cette commande vise à poursuivre la politique de modernisation de l’APL (Armée Populaire de Libération) amorcée après la fin de la première Guerre du Golfe. En effet, après une telle démonstration de force des Etats-Unis, la Chine a pris conscience de son retard notamment en termes de nouvelles technologies numériques. Mais aussi au niveau du déploiement d’une force tactique opérationnelle à l’autre bout du monde et à en assurer la logistique ainsi que le soutien aérien ou naval.

Paradoxalement cette modernisation s’accompagne d’une baisse des effectifs de l’APL. Selon le monde diplomatique, de près de 3.87 millions d’hommes sous les drapeaux en 1987 la Chine est passée à moins de 2.3 millions d’hommes en 2015. Cette baisse du nombre de soldats s’accompagne d’une hausse spectaculaire du budget militaire chinois qui a été multiplié par sept depuis les années 2000. On reste cependant très loin des 560 milliards de dollars alloués chaque année aux forces armées américaines : le budget militaire chinois est cinq fois moins important que celui de nos alliés outre-Atlantique.

Liaoning-porte avions chine

Le porte-avions chinois Liaoning en service depuis 2012 sera rejoint en 2018 par le porte-avions en construction dans la ville de Dalian dans le nord-est du pays (crédit photo : CHINATOPIX/AP)

Le dragon chinois sort les griffes

La livraison de ce deuxième porte-avions permet aux Chinois de se doter d’une force de projection moderne au moment où Pékin montre les crocs en mer de Chine Orientale et du Sud. On assiste en effet à un regain d’agressivité de la politique militaire et extérieure chinoise. Que ce soit face au Japon ou à Taïwan pour des îlots inhabités, mais riches en hydrocarbures, ou par la création d’îles artificielles face aux Philippines ou au Vietnam.

La confirmation de la construction de ce bâtiment prouve que la Chine passe d’une stratégie purement défensive à une tactique plus volontariste et interventionniste.  La démonstration de force du défilé militaire pour les 70 ans de la capitulation japonaise peut d’ailleurs être un signe de cette transformation de l’armée chinoise.

Les Etats-Unis semblent commencer à réaliser ce qui se passe. L’administration Obama a entamé un redéploiement des forces américaines vers le Pacifique. En témoignent les accords militaires signés avec le vieil ennemi vietnamien en 2011 ou les nombreux exercices militaires avec les alliés coréens ou japonais.

Maxime Bonnet

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