À Nice, le tango a la cote

Du 23 au 25 janvier a eu lieu « la Pasionaria Milonguera » au Palais de la Méditerranée à Nice. Un événement dédié au tango argentin qui a réuni plus de 200 personnes de 23 nationalités différentes.

milonga du soir

Deux danseurs en osmose lors du bal samedi soir. (Crédit photo : Andrea Fongo)

 

« La Pasionaria Milonguera » est un « encuentro » (rencontre, ndlr) de tango. Pour rappel, le tango peut être dansé dans des « milongas », c’est-à-dire des bals, des « pratiques », lors desquelles les danseurs viennent travailler des figures spécifiques, ou encore des festivals où les danseurs prennent des cours avec des professionnels pendant la journée et dansent le soir.

L’encuentro est un festival qui réunit des adeptes de tango « milonguero » c’est-à-dire où les bustes des danseurs sont vraiment serrés. Marcel Lambert, présent à Nice ce week-end est l’inventeur de ce type d’événement. Le premier encuentro a eu lieu à la Crau, dans le Var, en 2009. « Les danseurs viennent y chercher un très bon niveau de danse » précise-t-il. « L’invitation entre les danseurs se fait par le regard, comme dans les bals traditionnels en Argentine » souligne ce passionné qui cumule plus de 35 années de tango.

Respecter l’invitation par le regard, danser dans le sens du bal et sur la musique, ne pas faire de figures trop complexes, voilà la formule qui plaît à de plus en plus de danseurs de tango. Avec environ 120 encuentros organisés en Europe en 2014, toute une communauté existe et se retrouve en Allemagne, en Italie, ou encore au Portugal pour partager des moments conviviaux.

Céline Deveze est l’organisatrice de la « Pasionaria Milonguera » depuis 4 ans. Elle a découvert le tango en 2000. Une passion qui l’a amenée très tôt à voyager dans toute l’Europe. Installée près d’Antibes, elle y enseigne le tango et opère comme Dj le week-end dans des encuentros. « Avec les billets d’avion low-cost, on peut être à Lisbonne en 1h30, juste pour danser ! » sourit- elle. Dans le salon vénitien du Palais de la Méditerranée, Céline Deveze ne chôme pas. Entourée de sept personnes, elle vérifie que les pétales de roses sont bien disposés, que les boissons ne manquent pas, que le parquet glisse correctement. « Je ne gagne pas d’argent avec cet événement, je le fais juste par amour du tango » lâche-t-elle lors de sa pause.

Une piste multicolore aux accents du monde entier

piste de milonga

La piste du salon vénitien du Palais de La Méditerranée occupée par 200 danseurs. (Crédit photo : Andrea Fongo)

Les petites attentions de l’association « Carino Tango » présidée par Céline Deveze ravissent les mordus de tango. Théresa vient des Îles Canaries. Professeure d’architecture à l’université, elle pratique le tango depuis 10 ans et c’est la première fois qu’elle vient à Nice. « Je fais 4 à 5 encuentros par an car le nombre de bals est limité à Gran Canaria » explique cette excellente danseuse qui recherche de nouvelles sensations, de nouveaux abrazos.

Des passionnés de tango ont même fait le déplacement du Canada pour passer trois jours en musique ! Enrique et sa femme Denise viennent de Montréal. Ils dansent ensemble depuis plus de vingt ans. « Nous sommes venus par amitié pour Céline » glissent-ils pendant la cortina. À les voir évoluer sur la piste parmi les 200 autres danseurs, pas de doute, ils sont dans leur élément.

Qu’ils viennent de Suède comme Eva ou de la vallée d’Aoste comme Roberta, tous s’accordent sur l’importance de la musique. Marco Evola de Rome, Melina Sedo de Sarrebruck, Trud Antzée d’Oslo, et Fred Romero de Gap ont proposé leurs plus beaux tangos des orchestres de l’Âge d’Or. Les compositions de Carlos di Sarli, Juan d’Arienzo, Miguel Calo, ont ainsi résonné dans les 1000 mètres carrés du salon vénitien de 15h à 19h puis de 22h à 4h du matin tout un week-end.

Un succès dans l’intimité :

enlacement danseur

Deux danseurs se félicitent après le dernier tango. (Crédit Photo : Andrea Fongo)

 

Avec une piste bondée chaque soir, Céline Deveze a pu constater la réussite de l’encuentro. Limité à 200 personnes pour crée une ambiance, une atmosphère durant trois jours, l’événement a demandé une parfaite organisation. Un an de préparation pour trouver la salle, les Djs et attendre les réservations des danseurs, le tout pour finir son week-end épuisée mais heureuse dans les bras d’un inconnu le temps d’une valse. Voilà la magie du tango argentin. C’est elle qui donne cette énergie à Céline Deveze, prête à repartir avec son équipe pour une nouvelle édition de la « Pasionaria Milonguera », en début d’année prochaine.

 

                                                                                                             Alexandre Le Corre

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