Jean-François Copé : «Moi, bouc émissaire »

Jean-François Copé tenait un meeting au Cannet jeudi 11 février. Après de longs mois de silence, il a en vue les primaires de la droite.

Il y eut une époque, en 2008, où Jean-François Copé incarnait le futur de la droite. Le présidentiable pour 2017, ou 2022 peut-être. Son charisme, sa ligne politique et sa franchise faisaient sa force. Une époque largement révolue. Aujourd’hui, Copé tente de gommer l’image qui lui est accolée. Celle d’un homme malhonnête, professionnel de la langue de bois et définitivement grillé. A peine les juges ont-ils décidé de ne pas le mettre en examen (lundi dernier) que ce dernier entame son tour de la reconquête. Un tour qu’il affirme avoir lancé il y a longtemps, à l’abri des journalistes. Car ces vingt derniers mois, Copé les a « consacrés au silence, à la bienveillance, à la résilience et au pardon ». Et lorsqu’on lui demande à qui il souhaite demander pardon alors qu’il a été blanchi, le maire de Meaux est maladroit : « A ceux qui m’ont sali, qui ont vu en moi le parfait coupable ». Pas très logique. Mais entre la sortie de son livre et sa réapparition sur la scène médiatique, le retour que Copé espère tonitruant, c’est maintenant.

 

L’ancien président de l’UMP a fait salle comble au Cannet, enclave copéiste en Alpes-Maritimes.

L’ancien président de l’UMP a fait salle comble au Cannet, enclave copéiste en Alpes-Maritimes.

Copé, pour quoi faire ?

Pour signer son grand retour, Jean-François Copé a choisi la voie littéraire. Une tendance ces derniers mois, puisque les librairies sont inondées de livres de responsables politiques. Une bonne manière de coucher ses idées, mais aussi un bon moyen pour se faire inviter sur les plateaux TV et exister médiatiquement. Tout ce dont avait besoin Copé. Dans ce livre, l’ancien président de l’UMP déroule son programme. « Une gouvernance par ordonnance dès l’élection » du Président (la sienne ?), « pour régler la vingtaine de problèmes qui bloquent la France ». Parmi ceux-ci, « le Code du travail beaucoup trop lourd, l’embauche de 50 000 policiers, gendarmes et magistrats pour assurer la sécurité des Français, et réussir le parcours d’intégration » en matière de politique migratoire. Tout en faisant en sorte que « la France ne soit plus le pays le plus attractif socialement ». Des mesures à mettre en place dans « une société participative », avec « un chef qui décide, puis partage et échange avec chaque français ». Bref, des idées pas si rares à droite si l’on épluche les programmes des candidats déclarés à la primaire Les Républicains. Une primaire à laquelle Copé n’est pas candidat. Enfin presque pas.

Buzzles l’a suivi pendant sa visite à Grasse et au Cannet, où il a exposé ses idées aux militants :

Un parfum de primaire

Il n’a pas voulu le dire clairement, puisque le lieu et le moment de l’annonce sont probablement déjà choisis, et ce n’est pas au Cannet que Jean-François Copé comptait le faire. Mais ce dernier a laissé peu de doutes quant à sa participation à la primaire Les Républicains en novembre prochain. Tout au long de son discours, l’ex-ministre délégué au Budget n’a cessé de faire des allusions à la manière dont il gouvernerait. Sa prise de parole concernait d’ailleurs en grande partie son livre-programme qu’il a pris le temps de détailler. Un livre dans lequel il assure avoir chiffré ses mesures pour « montrer que cela est possible ». Alors lorsqu’on lui soumet qu’il ne peut s’être tracassé à chiffrer un programme pour quelqu’un d’autre, Jean-François Copé sourit, hésite, puis lance « bonne remarque ! ». Des aveux, à demi-mot.

Texte :

Emmanuel Durget

Vidéo :
Paul-Arnaud Boudou
Matthias Somm

NB : Jean-François Copé a dimanche soir exprimé sa volonté de se présenter aux Primaires du parti Les Républicains, sur le plateau du 20 heures de France 2. 

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