TOP 14 : Bilan à mi-saison

 

Le TOP 14 a fait relâche depuis quinze jours avec le début du Tournoi des Six Nations. L’occasion d’établir un bilan du championnat après six mois de compétition.

13 journées disputées sur 26, et pourtant, le Top14 n’en est pas exactement à mi-saison. Toutes les équipes ne se sont pas rencontrées, tandis que d’autres se sont déjà affrontées à deux reprises. L’explication de cet imbroglio remonte au triste vendredi 13 novembre dernier. Ce week-end là, une journée de coupe d’Europe était programmée. Face à la menace terroriste, tous les matchs qui devaient se jouer en France ont été annulés et reportés à début janvier. La 13ème journée de Top14, qui devait se tenir en début d’année a alors été déplacée au week-end du 19 mars (sauf pour le match Bordeaux-Toulon qui s’est joué dimanche 14 février). Etat des lieux du Top14 après treize matchs.

Le Racing 92 s’affirme enfin ! 

Pour la première fois depuis son retour en Top14 en 2009-2010, le club francilien est en tête du classement après treize journées. Les joueurs de Laurent Travers et Laurent Labit n’ont connu que deux défaites depuis le début de la saison. Revenus bredouilles d’Agen, lors de la troisième journée, et de Castres, cinq semaines plus tard, les Ciel et Blanc n’avaient pas fait mieux qu’un match nul chez le promu palois (15-15, 10ème journée). Pour autant, les coéquipiers de Dan Carter, le meilleur demi d’ouverture mondial, ont accroché quelques grosses écuries à leur tableau de chasse. Le Racing 92 s’était imposé à Toulon, champion d’Europe en titre, lors de l’ouverture du Top14 (22-27) ainsi que du côté de Clermont (16-20). Emmenés par un Maxime Machenaud, demi de mêlée et buteur (110 pts au pied), qui évolue actuellement à son meilleur niveau, les joueurs de Colombes ne sont pourtant que la huitième attaque du championnat (270 pts inscrits) et la troisième défense (225 pts encaissés).

Des Stades opposés 

C’est certainement le scénario auquel on s’attendait le moins. Trouver le Stade Toulousain premier à égalité avec le Racing92 à mi-championnat semblait peu probable. Malgré le départ de Guy Novès, Ugo Mola, successeur du nouveau sélectionneur du XV de France, a rapidement trouvé la formule gagnante. Le club Haut-Garonnais combine l’expérience de joueurs comme Immanol Harinordoquy, Toby Flood ou Vincent Clerc à la jeunesse de Yacouba Camara ou Sébastien Bézy. Depuis la fin août, Toulouse s’est notamment offert le scalp de Montpellier, sur la pelouse des Héraultais, et de Toulon au Stadium. Deuxième meilleure attaque et première défense du Top14, les Toulousains sont pourtant sortis par la petite porte de la Coupe d’Europe en janvier dernier.

A contrario d’un Stade Français qualifié pour les quarts de finale de la Champions Cup, mais en grande difficulté en championnat. Les Parisiens ne semblent pas assumer leur statut de champion de France en titre et éprouvent les pires difficultés à s’éloigner de la zone de relégation. Les hommes de Gonzalo Quesada ne possèdent que huit points d’avance sur Oyonnax, premier relégable. Paris paye sont irrégularité dans le championnat avec notamment quatre défaites sur les six premiers matchs. Cette année, difficile de croire que le Stade Français ira défendre son titre à Barcelone, le 26 juin prochain.

21 points séparent aujourd'hui Toulouse et Paris. La saison dernière, le Stade Français avait 10 points d'avance sur le Stade Toulousain après 13 journées. (Crédit photo : www.stade.fr)

21 points séparent aujourd’hui Toulouse et Paris. La saison dernière, le Stade Français avait 10 points d’avance sur le Stade Toulousain après 13 journées. (Crédit photo : http://www.stade.fr)

Clermont : Michelin n’est plus que l’ombre de lui-même

Mais qu’est devenue la forteresse imprenable du stade Marcel-Michelin qui faisait la réputation et la force de l’ASM Clermont Auvergne ? Durant près de quatre ans et demi, les Auvergnats n’avaient pas perdu sur leur pelouse, entre novembre 2009 et mai 2014. La saison dernière, les Clermontois n’avaient cédé qu’à deux reprises sur leur pelouse. Cette année, les Jaunards ont déjà perdu chez eux à trois reprises (contre Toulon, le Racing 92 et Montpellier) et ont concédé un match nul face à Bordeaux. L’ASMCA n’avait pas connu pareille situation depuis la saison 2003-2004 où Brive, Colomiers et Castres étaient venus s’imposer. Si les hommes de Franck Azéma restent dans le haut du tableau, ils le doivent à leurs performances à l’extérieur. Clermont a remporté quatre de ses six déplacements. Mais les Auvergnats vont être dans l’obligation de montrer un meilleur visage à domicile pour viser une qualification directe en demi-finale (première et deuxième place du Top14).

Brive, ou la Germain-dépendance 

Sept ans que le CA Brive Corrèze n’avait pas fini dans le top 6 du classement après treize journées. Alors que l’on attendait davantage le Stade Français ou Montpellier à sixième place,les Brivistes ont créé la surprise. Les Coujoux doivent une grande part de leur réussite actuelle à leur arrière et buteur, Gaëtan Germain. Le joueur de 25 ans, actuellement meilleur buteur du Top14, est l’élément clé de l’effectif corrézien. A lui seul, il a inscrit 68% du total des points marqués par le CABCL depuis le début de la saison (171 sur les 252). Son essai, ses cinquante pénalités et ses huit transformations viennent compenser une faible attaque, la onzième du championnat. Un atout non négligeable pour les entraineurs Nicolas Godignon et Didier Casadéï mais qui pourrait mettre en difficulté le club en cas de blessure de son buteur.

Agen, Oyonnax, déjà condamnés ? 

Respectivement dernier et avant-dernier du Top14, le SUA et l’USO ont connu une première partie de championnat bien compliquée. Pour Agen, la saison s’annonçait difficile dès août. Le plus petit budget de Top14 est promis à retourner à l’échelon inférieur en mai prochain. Du côté d’Oyonnax, le départ de l’emblématique entraineur Christophe Urios n’a pas été digéré. Le club du Haut-Bugey, pourtant barragiste la saison dernière, est en mauvaise posture pour se maintenir dans l’Elite. Avec respectivement deux et trois victoires en treize journées, les deux clubs risquent de se retrouver en ProD2 la saison prochaine. En témoignent les chiffres des cinq dernières saisons.

Agen et Oyonnax, déjà en ProD2 ? Cliquer sur la photo pour accéder au graphique.

Agen et Oyonnax, déjà en ProD2 ? Cliquer sur la photo pour accéder au graphique.

Maxime Gil

Publicités