Fiche « S », ce qu’il faut savoir

Les frères Kouachi, Amedy Coulibaly, l’auteur de l’attaque du Thalys, ou encore les terroristes du Bataclan, tous possédaient une fiche dite « S ». Médias et élus politiques en parlent, Buzzles vous aide à y voir plus clair.

D’où viennent les fiches « S » ?

Comme nous l’explique Sylviane Casanova, ancienne commissaire de police et directrice de la Sécurité et de la Protection à la mairie de Nice,  il existe en France, un fichier de police. Créé en 1969, il répertorie les personnes présentant un risque pour la société. Celui-ci se divise en 21 catégories identifiées par une ou plusieurs lettres dont celle concernant la sûreté de l’Etat, dite « S ». Ce fichier rassemblerait environ 400 000 personnes, dont des militants altermondialistes, des membres du grand banditisme ou encore des mineurs signalés pour fugue.

Voici quelques exemples de ces catégories :

« AL » pour les aliénés,

« E » pour la police générale des étrangers,

« IT » pour les interdits de territoire,

« M » pour les mineurs en fugue,

« PJ » pour ceux recherchés par la police judiciaire,

« R » pour l’opposition à la résidence en France,

« S » pour sûreté de l’Etat,

« T » pour les débiteurs du Trésor,

« TE » pour l’opposition à l’entrée en France,

« V » pour les évadés.

Ce fichage se partage entre les pays membres de l’espace Schengen. De façon à faciliter le travail des forces de l’ordre, le fichier est accessible à tous les policiers.

Qui est fiché « S » ?

Une sûreté de l’Etat assurée par les forces de l’ordre (Crédit photo: AFP)

Une sûreté de l’Etat assurée par les forces de l’ordre (Crédit photo: AFP)

Toute personne susceptible de porter atteinte à la sûreté de l’Etat est fichée S. Les militants altermondialistes présents dans des manifestations telle que celle à Notre-Dame des Landes, les hooligans, ou encore les musulmans radicalisés, tous sont potentiellement dans le fichier « S ». Celui-ci est divisé en 16 sous-classifications de « S1 » à « S16 » selon le degré de dangerosité de l’individu. La « S14 » correspond aux djihadistes revenant d’Irak ou de Syrie.

Sur une fiche « S » figurent l’état civil (nom, prénom, nationalité, date de naissance), le sexe, une photographie, le signalement, les «motifs de la recherche» ainsi que la « conduite à tenir en cas de découverte ».

Qui décide de ficher « S » ?

Les policiers de la Direction générale de la sûreté intérieure (DGSI) décident de ficher un individu « S ». Sylviane Casanova, évoque un « petit GPS » suivant les déplacements et les fréquentations des suspects et permettant d’engranger des informations. Aucune arrestation n’est permise sur le simple motif de leur fichage, cette décision appartient à un magistrat. La loi n’impose pas non plus de suivi automatique.

Combien y a-t-il de fiches « S » en France?

Sur les 400 000 personnes fichées, « il y a 20 000 fiches S, soyons précis. 10 500 concernent les individus mis en attention pour leur appartenance à la mouvance islamique, la mouvance radicale », précisait le Premier ministre Manuel Valls sur le plateau du Petit Journal, une semaine après les attaques de Paris. La discrétion est exigée de la part des forces de l’ordre pour que les individus ne soient pas au courant de leur fichage. Comme nous l’indique Sylviane Casanova, l’inscription sur ces fiches est temporaire, lorsqu’aucune infraction n’est commise, la fiche « Sûreté de l’Etat » est effacée.

Manon Gaziello

Lou David

 

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