Profession : conducteur de presse rotative de nuit

Entre l’écriture du journal et ses points de vente, de nombreux techniciens sont chargés de l’impression des éditions Nice-Matin et Var-Matin. Portrait de l’un d’entre eux.

L’horloge de la salle de rédaction de Nice-Matin affiche 23h. L’agitation de la journée a laissé place au calme. Seuls trois maquettistes et le responsable web sont encore présents. Les éditions du lendemain finissent d’être bouclées. Deux étages plus bas, le contraste est saisissant. C’est une véritable usine qui se situe sous les bureaux des journalistes. Les rotatives tournent à plein régime pour imprimer les éditions du lendemain de Var-Matin et de Nice-Matin. Cette nuit-là, une quinzaine de personnes s’affairent à imprimer les journaux.

Un rôle central dans la production du journal
Tous les soirs, c’est le même rituel pour Didier. Conducteur de presse rotative pour le groupe Nice-Matin depuis 2001, il passe ses nuits à contrôler l’encrage des pages des différents journaux. De 22h à 4h30, sept éditions de Nice-Matin et sept de Var-Matin passent entre ses mains « Je dois aussi vérifier le pliage du journal. J’ai des repères comme le code barre en Une ou les petites croix dans les pages pour m’assurer de la bonne superposition des couleurs. » explique-t-il. Si ses débuts dans le métier n’ont pas été évidents, Didier a vite pris l’habitude de repérer les problèmes. L’horoscope d’une édition de Var-Matin attire son attention. En vérifiant à la loupe, il note une mauvaise superposition des couleurs. Depuis son pupitre commandes, il modifie l’encrage sur cette page d’une édition varoise. « On doit être très attentifs et éviter les erreurs. Lorsqu’on doit modifier une page, ce sont quatre nouvelles plaques qui doivent être imprimées pour la rotative ». Ces changements entraînent du retard dans l’impression des journaux. Une perte de temps considérable pour Didier et les autres conducteurs de presses rotatives.
Tous trois sont le rouage essentiel entre l’écriture et de la diffusion de l’information. Après l’attente du bouclage des éditions pour lancer les premières impressions, ils ne doivent pas s’éterniser « Il est important que l’on boucle rapidement l’impression des journaux, tout simplement pour permettre de lancer la livraison plus rapidement ».

Debout devant son pupitre, Didier a six heures pour vérifier les quatorze éditions de Nice-Matin et Var-Matin (Crédit photo : Nicolas Lellouche)

Debout devant son pupitre, Didier a six heures pour vérifier les quatorze éditions de Nice-Matin et Var-Matin (Crédit photo : Nicolas Lellouche)

Plus que deux rotatives dédiées au journal
Malgré ce rôle central au sein du groupe Nice-Matin, Didier et l’ensemble de l’équipe technique ne considèrent pas faire partie de la même entreprise que les journalistes. « Nous ne nous sentons pas du tout liés avec le service journalisme du groupe. Ce n’est pas du tout le même métier », déplore-t-il.
Le contexte de travail actuel n’est pas des meilleurs. Les difficultés financières du groupe Nice-Matin et les remous internes n’ont épargné aucun corps de métier. D’une voix contrariée, Didier concède « qu’entre trois et six salariés quitteront leur poste le mois prochain ». Tous des départs volontaires. En plus d’une réduction d’effectifs, les techniciens doivent faire face à une réduction des équipements d’impression. Depuis le 1er février, le groupe de presse n’utilise plus que deux rotatives. Face aux restrictions budgétaires, les coûts de production seront diminués. La troisième rotative ne sera plus utilisée que pour imprimer des services commandés par des particuliers ou des professionnels, extérieurs au groupe Nice-Matin. Une adaptation au contexte actuel nécessaire pour ces ouvriers. Il en va de l’avenir du groupe de presse.

Maxime Gil

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