Nuit Debout : Forte mobilisation à Nice

Lancé place de la République à Paris le 31 mars après une manifestation contre le projet de loi travail, le mouvement s’est rapidement étendu aux grandes villes françaises. A Nice, 400 personnes étaient présentes place Garibaldi pour la Grande Nuit Debout du vendredi 15 avril.

Ils étaient près de 500 pour la première Nuit Debout organisée à Nice, le 8 avril (d’après les organisateurs, 250 d’après la police). Une semaine plus tard, plus de 400 personnes ont de nouveau répondu à l’appel lancé par le mouvement sur Facebook. Un engouement qui étonne, dans une ville traditionnellement ancrée politiquement à droite et peu habituée aux luttes militantes.

IMG_2542

L’attraction de la Grande Nuit Debout du 15 Avril à Nice : le film Merci Patron de François Ruffin. (Crédit Photo : Nicolas Faure)


« Pour Nice, c’est un grand pas en avant »
 juge Blanche, étudiante en arts appliqués de 22 ans. « C’est clair que ça n’a rien à voir avec la place de la République, mais le fait qu’il y ait quelques centaines de personnes, c’est inespéré », sourit la jeune fille, venue exprès de son village de l’arrière-pays pour cette Grande Nuit Debout. Pour l’occasion, le film Merci Patron de François Ruffin, l’un des initiateurs du mouvement, a été diffusé place Garibaldi.

 

Nuit-deboutistes de tous horizons 

A Nice comme ailleurs, chacun peut prendre la parole et s’exprimer librement, pendant l’agora. Vient ensuite le moment des ateliers thématiques par groupes. On y parle économie, écologie, on évoque sans tabous les questions locales les plus sensibles, comme celles des frontières migratoires italiennes, à 40 kilomètres de Nice.

Place Garibaldi, les nuit-deboutistes ont majoritairement moins de trente ans. Mais tous les âges sont représentés, toutes les catégories sociales aussi. « Ce qui est étonnant ici, c’est que tu peux aussi bien te retrouver à discuter avec un poète qu’avec un comptable. La population est peut-être plus variée que Place de la République à Paris » analyse Pierre-François, professeur d’histoire. Une fois la nuit tombée, les nuits-deboutistes laissent les partis politiques au vestiaire. Robin, auto-entrepreneur et étudiant de 27 ans, confirme : « Ici on cherche justement à les détruire. Il n’y a pas de droite et de gauche dans ce mouvement. »

IMG_2550

Des jongleurs, des musiciens, des danseurs, les Nuits Debout rassemblent aussi les artistes. (Crédit Photo : Nicolas Faure)

Certains ne ratent aucune soirée, même s’ils ne sont pas directement concernés par la loi travail : « ça fait longtemps que j’espérais qu’un mouvement citoyen comme celui-là naisse. Alors je viens, tous les soirs », s’enthousiasme Fabien, un ostéopathe de 28 ans.

Agora unie et calme 

Aucune violence ou dégradation n’est à déplorer pour l’instant en marge du mouvement Place Garibaldi. Le maire LR de Nice, Christian Estrosi, avait déclaré au début de la mobilisation que les Nuits Debout allaient « totalement à l’encontre de l’état d’urgence ». Depuis, il ne s’est plus exprimé sur le sujet. La sécurité de la place est pour l’instant assurée par le système de vidéosurveillance et la préfecture n’a pas prévu d’interdire le mouvement à Nice.

Si les Nuit-deboutistes commencent à fatiguer, ils ne semblent pas prêt à abandonner leurs soirées passées Place Garibaldi. Pour Robin, ils ne seraient même « pas encore assez pour pérenniser le mouvement ».

 

Nicolas Faure

Publicités