Une loi pour ficher les supporters de football ?

Dans les prochaines semaines, une nouvelle loi sur la gestion des supporters de football pourrait voir le jour. Elle cherchera à renforcer la lutte contre le hooliganisme.

Ce projet de loi porté par Guillaume Larrivé, député LR, a pour but de permettre aux clubs de refuser l’accès au stade à des supporters ne faisant pas l’objet d’une interdiction de stade par le préfet, comme c’est le cas jusqu’à présent. Si cette loi est promulguée les supporters pourront se voir interdits de pénétrer dans les enceintes pour le seul motif d’avoir porté atteinte « aux dispositions prises par les organisateurs pour assurer le bon déroulement ou la sécurité de ces manifestations ».

Une loi proposée après une rencontre Marseille-Lyon en septembre 2015
Dimanche 20 septembre 2015, alors que Marseille et Lyon se disputaient un match (1-1) comptant pour la 6e journée de Ligue 1, des projectiles, dont des bouteilles en verre, avaient été lancés sur la pelouse notamment autour de l’ex meneur de jeu Marseillais, et aujourd’hui Lyonnais, Mathieu Valbuena. Un pantin à son effigie avait été pendu en tribunes. Ces débordements ont contraint l’arbitre à arrêter le match peu après l’heure de jeu, pendant une vingtaine de minutes.

Le 14 février dernier, le responsable des ultras de la Populaire Sud, Frédéric Braquet, avait été placé en garde à vue pour « reconstitution d’une ligue dissoute », suite au tifo « BSN » déployé à l’occasion de la réception de l’OM. Cette garde à vue avait déjà suscité de nombreuses réactions dans le mouvement ultra. Un jour plus tot, samedi 13 février lors du match opposant Reims à Bastia (0-1), un supporter du Sporting Club de Bastia a été blessé et huit autres ont été placés en garde à vue, après des échauffourées dans le centre-ville de Reims avec la police, à la suite de la victoire du club corse. « Neuf supporters ont été interpellés. Parmi eux, huit sont en garde à vue et un autre est à l’hôpital », ce dernier, « qui est blessé à l’oeil, s’est blessé tout seul en tentant de fuir la police », avait alors affirmé le parquet. Jeudi 25 février, un arrêté signé par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve indiquait que les supporters du SC Bastia étaient interdits de déplacement à Nice pour le match de la 28e journée de Ligue 1 entre l’OGC Nice et le Sporting Bastia. Une décision qui répondait au « comportement violent » de « certains supporters » bastiais lors des matchs à l’extérieur, des Bastiais « fréquemment source de trouble à l’ordre public » selon le ministère. D’autre part les ultras niçois, toujours selon le ministère, ont apporté « fréquemment la preuve de leur comportement violent par des échauffourées répétées entre supporteurs ou contre les forces de l’ordre et par des jets d’engins pyrotechniques ».

Interdictions de déplacements, interdictions de réunions : les supporters dénoncent des abus depuis la mise en place de l’État d’urgence. Cette saison, ce sont déjà 180 interdictions de déplacements qui ont été prononcées par le Ministère de l’Intérieur ou la Préfecture, sur l’ensemble des clubs français. Maxime T. et deux autres membres actifs de la tribune Populaire Sud des ultras niçois, se sentent stigmatisés par ces mesures. Ils nous font part de leur témoignage.

Thibault Sadargues 

Léo Parmentier

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